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 [Semina] I still remember the smile when you tore me apart

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Semyon L. Dombrovski

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Messages : 7
Date d'inscription : 23/02/2016

MessageSujet: [Semina] I still remember the smile when you tore me apart    Mar 23 Fév - 20:36



❝I Still Remember The Smile When You Tore me Apart❞
Kalina & Semyon
Semyon ne savait pas. Semyon ne savait plus. Il cherchait dans le palais qu'il s'était constitué dans les tréfonds de son cerveau des bribes de conscience qu'il s'était acharné toute sa vie durant à structurer. Plus rien n'avait de sens et plus rien n'en aurait jamais plus. Il était 18 heure lorsque ses mains, fines plate-formes blanchâtres aux veines ostensiblement apparentes, se posèrent sans délicatesse sur les rebords de la haute fenêtre qui illuminait son dortoir présentement vide. Elles étaient froides, démunies de leur contrôle habituel et semblaient vouloir s'enfoncer un peu plus profondément dans la pierre pour ne plus connaître ce fourmillement désagréable qui les traversait. Le cœur battait vite, incroyablement vite, et Semyon qui éprouvait un besoin quasi vital de garder son sang froid, se sentait totalement désarçonné. Les yeux du jeune homme étaient vides et, comme d'habitude, ne se posèrent sur rien de spécial, observant un espace invisible aux regards superficiels. Le bleu de ses iris qui brillait avec force sur ce visage incroyablement blafard lui donnait un air un peu plus fou, un peu plus perturbé qu'habituellement, et son simple reflet eut le don de l'inquiéter d'avantage. Qu'avait-il fait ? Que devenait-il ? Ses lèvres ne frémissaient pas, incapables d'exprimer la moindre expression à cause de la pudeur innée du jeune homme. Une simple mâchoire contractée, visible de profil, laissait deviner son désarroi. S'il avait été une fille ou un être un peu plus sociable, il se serait mis à parler, à se confier, à tergiverser sur la valeur de la vie, sur les sentiments, sur les craintes qu'un être pouvait avoir. Mais il ne connaissait personne et ne faisait confiance à aucune âme vivant à Durmstrang. Même les membres de sa famille ne le  reconnaîtraient pas. Même lui ne se reconnaîtrait pas. Alors, comment avouer une nature que  l'on ne maîtrise guère ?

Quelques heures auparavant, le beau jeune Vélès se souvenait avoir l'esprit beaucoup moins tourmenté qu'en cet instant. Il s'entraînait, comme à son habitude, en Salle de combat magique. Sa baguette était fièrement dressée et le regard du futur agent secret lançait des éclairs malicieux qui annonçaient déjà à son adversaire les épreuves qu'il allait devoir endurer durant ces cinq prochaines minutes. Après un léger sourire en coin qui avait eu le don de dessiner une fossette absolument séduisante sur son minois d'ange déchu, le sorcier s'était mis à se déplacer avec une vivacité absolument déconcertante. Un premier sort avait jailli d'on ne savait où, imprévisible, déconcertant, étonnant même son lanceur dont le demi-sourire s'agrandit pour devenir entier. Ses rangers tournaient avec légèreté sur le sol de l'estrade de combat, glissant, dansant presque. Le sorcier était souple, adroit et sa tenue de combat collait divinement bien à cet être que l'on aurait pu qualifier de prodigieux pour ce moment. L'adversaire ne semblait pas savoir où se placer, où regarder. Le regard de Semyon, quand à lui était direct, franc, provocateur. Il était fixement vissé dans celui du violet qui avait eu le courage de l'affronter, ne manquant pas un seul de ses cillements. La baguette du Dombrovski semblait épouser le bras du sorcier et jetait des sorts à tire-larigot, aussi bien formulés qu'informulés. Ces sortilèges n'étaient d'abord pas dangereux, bien que leurs enchaînements avaient le don de déstabiliser l'adversaire. Il en avait raté quelques uns de justesse, se protégeant comme il le pouvait durant tout le long par de modestes boucliers. Semyon, quant à lui, se sentait puissant, presque invincible, et l'image de cette pauvre créature à la baguette tremblante eut le don d'animer en lui son mauvais côté. Pas de pitié, jamais ! Il allait l'achever, il s'en sentait capable, il allait gésir, misérable et froid. Dans une rapidité presque incontrôlée, les gestes s'étaient accélérés, de plus en plus menaçants, de plus en plus meurtriers. Le bouclier avait cédé et un sort l'avait transpercé, mettant le pauvre jeune homme au tapis. Un autre s'en suivit, incompréhensible, puis un troisième, puis enfin un quatrième avant que le professeur ne s'interpose. « Dombrovski !! DOMBROVSKII !!! » Cette voix mi-menaçante, mi-effrayée remit de l'ordre dans les idées du jeune homme. Tout sourire avait disparu et le sang-pur redevenait progressivement l'élève studieux et calme qu'il avait l'habitude d'être. « Vous serez envoyé aux cachots demain soir pour deux jours ! Il s'agit d'un cours, un tel comportement et une telle violence sont inadmissibles ». Le jeune homme posa finalement les yeux sur l'être inerte qui ressemblait plus à une poupée de chiffon qu'à un être humain. Le professeur était penché au dessus de lui et venait d'envoyer en urgence une élève chercher l'infirmier. « Je...je suis désolée, Monsieur. Ça ne se reproduira plus, je vous le promets ! » Il avait baissé la tête, en signe de compréhension, de soumission.

Alors que ces images défilaient en boucles infinies devant les yeux inertes du Vélès, il entendit derrière lui une porte s'ouvrir, insignifiante, étrangère, détestable. Le cœur de Semyon s'accéléra pour battre comme une mitraillette moldue. Dans les iris bleues du jeune homme, la crainte et la peur venaient de s'installer, semblables à celle d'un meurtrier qui tenterait de cacher en catastrophe les traces de son crime. Semyon s'imposa un masque d'impassibilité malgré les traits et les organes bouillants qui semblaient cloquer dans tout son être. Après un long soupir qui lui permettait finalement de valider son rôle improvisée, il se retourna finalement, ses mains restant toujours fermement accrochées aux pierres de l'embrasure de la fenêtre. Ses yeux se posèrent enfin sur une créature dont il connaissait très bien les traits, les formes, les intentions. « Qu'est-ce que tu fais là ? » Sa voix était froide, menaçante, très grave et bien plus glaciale qu'à son habitude, chose qu'il n'avait pas spécialement voulue mais, qui, après tout, semblait nécessaire pour la solitude dans laquelle il voulait se cloîtrait. Le corps de la jeune femme, bien qu'incroyablement attirant, eut le don de l'énerver. En réalité, il s'énervait lui-même de pouvoir prétendre à une tel minois après la monstruosité qu'il avait commise quelques heures auparavant. Entre le fer et le velours, entre le sang et la chair. Entre la passion et la tendresse. Comment un homme pourrait-il prétendre aux deux dans une même journée ?

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Kalina A. Mavorov

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Date d'inscription : 23/02/2016

MessageSujet: Re: [Semina] I still remember the smile when you tore me apart    Mar 23 Fév - 20:36


❝I believe you are my saviour
in my time of need❞
Semina
Promesse qu'ils n'avaient pas eux-mêmes formulée. Symbole d'infini. Dans une expiration rageuse, le nez tout aussi froncé que l'esquisse de sa bouche crispée, le pouce de la main opposée et les deux doigts suivants forcèrent une alliance trop bien accrochée à se défaire de son annulaire. A croire que même lorsque Semyon n'était pas là, la rejetait ou l'abandonnait pour jouer à l'ermite comme ces derniers jours, une part de lui faisait tout pour s'agripper à elle. Matérielle tout du moins... Tu vas dégager oui ! Plus elle tirait, plus la peau se vengea en s’irritant, se gonflant de cette extirpation peu délicate. Kalina se mit à maugréer de ce vieux bijou reçu en fiançailles d’une famille qui n’était pas encore la sienne, à la pierre aussi terne que l’existence qu’elle allait y mener. Par Veles, si son articulation n'en était pas débarrassée dans la minute-même, elle allait faire exploser cet ornement d'un sortilège quitte à y perdre une phalange au passage. Elle inspira longuement, tentant vainement de se ressaisir. Sa fierté aussi mise à mal que son épiderme rougi, brulant d'un ego vexé. Se dirigeant sans patience vers la petite salle de bain du premier appartement qu’elle occupait avec les jumelles Vurkolak dans la tour du camp noir, la brunette pesta sur la tuyauterie du lavabo qui ne marchait pas toujours ainsi que sur les quelques cheveux bruns qu'elle avait trouvé autour du siphon. Laissant l'eau couler en continu, sa menotte sous le flot, sa prise libre se refermera autour d'un savon à la rose sagement posé sur un petit portant en céramique qui appartenait à Ashka et qu'elle se mit à frotter frénétiquement sur cette bague, de lien, d'union future, mensonges et hérésie plutôt, et tant pis si toute la barre parfumée y passait. Avaient-ils été véritablement heureux ensemble ne serait-ce qu'une fois ? Simplement comblés par la présence de l'autre ? Lui avait-il juré, lui, d'être toujours là pour elle ? Des temples et fragments de souvenirs se mirent lentement à s'effondrer, dériver devant ses yeux rivés sur ses mains. Un soudain élan de tristesse s'empara de sa poitrine dont elle étouffa le sanglot, sentant le liquide lacrymal poindre en coin de regard, un revers de main en fit taire un éventuel départ en larmes. Non, elle ne pleurait pas. Ne voulait pas. Ses yeux ne feraient pas naufrage. S'étalant inconsciemment ou peut-être volontairement un peu de produit sous l'arcade, qui pouvait tout au pire lui servir d'excuse si l'on venait à l'interroger sur sa cornée trop brillante pour l'être de sa malice habituelle. Ayant suffisamment enduit la zone sollicitée, l'étudiante en Unité Spéciale se défit enfin de ce lien, allégorie, illusion d'un couple promis pour la vie n’arrivant même pas à se trouver dans le présent, qu'elle hésita à faire partir dans les égouts entre la petite évacuation ou celle des toilettes tant elle répudiait ce que cet objet pouvait signifier. Dégoût. Frustration. Incompréhension. Le conservant temporairement dans sa paume sans trop savoir ce qui avait causé à l’épargner, ses pas la ramenèrent dans la pièce de sommeil vidée de ses occupants. La Baronesa se rapprocha d’un vivarium, biotope de Capitaine Crochet son anaconda de compagnie où elle laissa tomber finalement ce cadeau des Dombrovski venant se planter entre le plan aquatique et la partie marécageuse de la cage en verre. Une paire de pupilles verticales suivit la trajectoire de ce nouvel élément introduit, la curiosité éveillée, trop brillant pour être l'une des souris du château ou un rongeur appartenant à l'un des étudiants de l'établissement que la sorcière lui servait parfois en repas, bien trop morne pour représenter un quelconque intérêt, ne méritant même pas un sifflement de sa langue fourchue. « J'en viendrais presque à regretter que tu ne sois pas venimeux. Au moins tu aurais pu m'empêcher ou me punir de venir récupérer cette inutilité si jamais l'idée me traversait à nouveau un jour l'esprit... », déplora-t-elle avant de s’éloigner de son reptile, la moue toujours aussi bougonne. Un instant, elle s'en voulut, non pas d'avoir décoré l'habitat de son serpent d'un héritage ancestral provenant d'une lignée de sang-pur bulgare, mais de ne pas avoir été très attentive il y a de cela une heure en cours de Magie Rouge, trop accaparée à se délecter des expressions étranges que tirait Racz face aux théories de leur professeur exubérante. Peut-être que ce charme d'attachement aurait pu lui être utile si elle avait à considérer le peu de contact et d'égards que son fiancé daignait lui accorder ces derniers temps. Devait-elle pour autant tout de suite penser à un détachement ? Cette simple éventualité la blessait déjà. Elle n'était pas de celles que l'on reléguait au second plan pouvant être ignorées l'air de rien, attendant patiemment la bouche en cœur que la personne vienne les récupérer afin de les couvrir d'un brin d'attention changeant selon son bon vouloir et non de l’individu qui en nécessitait réellement.

Après toutes ces journées de dédain, Kalina n'avait guère réussi à jouer l'indifférente à son tour. Pourtant, elle savait être boudeuse. Echec. Devenir glaciale alors qu'elle bouillonnait, s’avérait une contradiction totale pour celle qui ne supportait pas d'être ignorée, car cette attitude ne lui rappelait que trop bien celle de son défunt géniteur. Ce désintérêt devait cesser. En raison de l'heure peu avancée de cette soirée de novembre, la Mavorov estima que son cher et peu tendre devait avec grande probabilité faire le loup solitaire et se terrer dans ses quartiers, hiberner tel un ours mal-léché de son ascétisme. Ayant pour une fois délaissé sa cape rouge, vêtue du simple uniforme scolaire, devenant banale élève sans pouvoir ostensible apparent, elle emprunta l'escalier en colimaçon afin de s'arrêter au niveau des dortoirs masculins et plus particulièrement le second dont elle actionna la poignée. Appuyé à la fenêtre de la pièce, l’homme qui ferait bientôt partie du restant de sa vie, et qui refusait déjà de faire partie de son quotidien... Brusquement, une vision lui glaça davantage le sang que le ton qu’il allait emprunter. Elle se voyait déjà engrossée et cruellement seule parce que Monsieur aurait accompli son premier devoir de patriarche d’un vieux nom en procréant un héritier, l'abandonnant à nouveau pour sa solitude. La parasitant de son indifférence qui aurait été jusqu’à se loger au creux de ses reins. En l’apercevant lui tourner le dos de la sorte et rester ainsi, souverain indolent de la demande du peuple, alors qu’il avait probablement constaté sa présence, la Veles eut une violente envie de l’assommer avec son patronyme complet sur le sommet de sa chevelure de jais comme le font ces vieilles tantes s’imaginant qu’un ou deux prénoms de plus changerait quoi que ce soit à l’impact de leurs dires. Comment osait-il l’ignorer aussi royalement ? « Qu'est-ce que tu fais là ? » , grogna-t-il à son encontre, consentant finalement de lui faire face. Seules trois réactions pouvaient s’imposer à elle, lui claquer sa main, sa bouche ou sa propre insensibilité inexistante lorsque la situation la concernait au visage. Bon sang, qu’avaient-ils tous à lui poser cette question à la noix ? La Guimauve dans la Salle de l’Eau, maintenant Semyon. Après tout, elle n’était pas en train de faire du crawl aérien, en pyjama pilou, des chaussons de fourrure de boursouflets aux pieds, le ventre appuyé sur la demi-sphère vitrée de la coupole du Troisième Etage, bouse. Là, elle aurait éventuellement compris que cela puisse interloquer. Or, son statut de chaperon-en-chef justifiait sa présence dans presque toutes les situations et excusait tous les lieux, cette interrogation s’avérant ainsi toujours obsolète. Elle ne demandait pas si elle pouvait ou devait être là, elle s'imposait. L'avait toujours fait. Il n'y avait que le rejet qui était véritablement indésirable. A nouveau cette distance, gouffre vertigineux, entre leurs corps destinés à se côtoyer. Avec le peu qu'il désirait l'approcher ces derniers temps, probablement devrait-elle revoir l'idée de se retrouver simplement affublée d'un petit Dombrovski, celui-ci risquait en effet fort de disposer d'une autre ascendance si le concerné s'entêtait... Sa présence dérangeait-elle peut-être ? Son corps provoquait-il tant de rejet ? La détermination dans la démarche, elle s'avança vers lui, anéantissant cet espace qu'il se complaisait de lui imposer. S'arrêtant à sa hauteur, son regard brun s'éclipsait un court instant sur ses paumes masculines livides bigarrées du même bleu que ses yeux, fermement agrippées à cette fenêtre plutôt que de retrouver sa taille pour l’accueillir, l’aimer. Prends-moi contre toi, montre-moi, prouve-moi que tu ne te fous pas de moi, voulut-elle susurrer. Rien. Aucune réaction. N'avait-elle pas l'air suffisamment malheureuse ? Elle se risqua à entourer son cou de ses bras, venant quérir cette affection qu’il lui refusait et dont elle se nourrissait pourtant, préférant s’armer de douceur contre cette statue, enlaçant un bloc de glace de son désespoir, plutôt que de conférer une soudaine trace de rouge à cette mine blafarde qu’elle soutenait de l'éclat de ses billes : « Ne devrais-tu pas me demander ce que je ne fais pas ici ? », rétorqua la brunette, se trouvant étrangement plus souvent dans cette chambre afin d'y trouver le sommeil dans les étreintes chastes de son meilleur ami, que la tête posée, sereine et comblée, sur le torse de son fiancé quelques lits à côté. Insatisfaction, le mot était lâché.

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Semyon L. Dombrovski

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MessageSujet: Re: [Semina] I still remember the smile when you tore me apart    Mar 23 Fév - 20:37



❝I Still Remember The Smile When You Tore me Apart❞
Kalina & Semyon
Kalina Mavorov. Son cœur avait raté un battement en la voyant. Kalina Mavorov. Son sang s'était figé, arrêtant soudainement de couler à flux régulier, comme un fleuve silencieusement tranquille. Il l'avait regardée sans la voir, la transperçant de ses pupilles bleues acier pour mieux la déchirer. Ses mains, éternels blocs de glace, avaient renforcées leur emprise sur la pierre de l'embrasure. Que faisait-elle ici ? Il ne voulait pas la voir, pas maintenant, pas après ce qu'il avait fait. Il ne voulait pas se permettre d'accepter le repos, ne voulait pas être humain et ressentir la chaleur d'un autre corps. Il voulait réfléchir, remettre de l'ordre, se reconstruire, se renforcer. A quoi cela servirait-il de céder à sa fiancée s'il n'était pas capable d'être l'homme qu'il s'était toujours promis d'être ? Avec la Vélès, il ne s'était jamais montré faible. De toute façon, dans tous les cas, il ne l'avait jamais été. Il était froid, certes, déconcertant, sûrement, mais certainement pas faible. Et pourtant, à ce moment précis, il avait l'impression d'être plus vulnérable que jamais, et cette simple image, cette simple pensée, avait le don de lui faire grincer des dents. Il ne la regardait pas, pas vraiment. Son regard était fixé sur elle mais semblait la transpercer pour voir autre chose, quelqu'un d'autre. Sa mâchoire était serrée alors qu'il se refusait de la voir, de l'apprécier, d'admirer cet uniforme qui, involontairement, faisait ressortir une féminité presque naïve mais néanmoins guerrière. Ah ! Il se souvenait de cette jupe qu'il avait caressé il y avait presque six mois de cela, de ces cuisses, relevées, qu'il avait frôlées malicieusement. Et aujourd'hui, que restait-il ? Pas grand chose et la distance qui les séparait présentement en était une métaphore parfaite. Ils se toisaient, en dragons de faïence, se défiant presque du regard pour savoir qui avancerait ou reculerait le premier. Semyon ne l'avait pas vue depuis une éternité et il comprenait qu'elle puisse lui en vouloir pour son absence. Mais il s'en fichait. Elle aurait raison de toute façon, et lui, insouciant, intransigeant, s'en irait de nouveau, ne prenant même pas la peine de se soucier un instant durant de ce qu'elle pouvait ressentir. Il savait, au fond, ce que cela pouvait graver dans un cœur, mais il ne se sentait pas l'hypocrisie de rester. Quelle drôle de blague serait-ce que de se poser, silencieux, à ses côtés, son cœur, ses yeux, rêvant d'ailleurs ! Au bout d'un moment, après la phrase terrible qu'il avait osée lâcher et son silence imposé, il crut qu'elle allait partir, ou qu'elle allait s'approcher pour mieux reculer. Elle avança donc, calmement, sans qu'aucun des deux parties ne sache exactement ce qui allait se passer. Il la regardait sans la voir, restant de marbre, stoïque, face à la créature qui ne tarderait pas à être sa femme. Et pourtant, il avait peur. Son estomac se serrait à chaque fois que la jeune femme faisait un pas vers lui et, bien qu'il ne sache pas ce que cela signifiait, il trouvait la sensation tout à fait détestable. Ses paupières clignèrent. Des bras fins et vraisemblablement doux comme du miel se hissèrent jusqu'à sa nuque pour se poser sur sa peau. Des doigts féminins caressèrent sans le vouloir cet épiderme tressaillant. La chaleur féminine. L'abandon masculin. « Ne devrais-tu pas me demander ce que je ne fais pas ici ? » Il n'avait pas répondu, n'avait pas voulu. Il était resté coi, laissant ses yeux se fixer sur un ciel invisible. Le silence s'était installé, troublant, gênant, et il n'avait rien dit. Au bout d'un moment, après un nouveau soupir de lassitude, il avait élevé ses propres paumes vers sa nuque et avait saisi les longs doigts de la jeune femme. Il les avait ensuite abaissés, lentement, comme pour ne pas la vexer, les posant finalement le long du corps de la Vélès, comme deux pierres précieuses. Finalement, il s'était retourné, préférant apparemment les poignets froids de la pierre que les mains chaudes de sa fiancée. Sa tête s'était baissée et, d'une voix cruellement indifférente, il avait lâché un « Je ne suis pas d'humeur en ce moment, Kalina... » Il aurait voulu y mettre un peu plus de sentiment, un peu plus de tendresse, mais c'était sa voix grave et autoritaire qui avait fait surface. Il avait attendu là, les yeux fixés sur la pierre, que la Vélès quitte son dortoir. Au bout d'un moment, une chaleur s'était enfuie, une chaleur humaine qu'il se mit à regretter presque aussitôt. Pour un instant seulement, il aurait voulu être l'homme qu'elle aurait voulu avoir pour fiancé. Il aurait voulu être passionné et amoureux. Sa simple présence, en s'éloignant, semblait lui échapper et il eut peur, tout à coup, que ce soit pour toujours. La porte s'entrouvrit, menaçante et il refusa qu'elle se referme. « Kali ! » Les mains s'étaient détachée de la pierre, la tête s'était retournée et précipitamment, il s'était dirigé vers la jeune femme. « Reste. Reste... » Cela n'avait été qu'un murmure, qu'une supplication rien que pour elle. Sa paume froide s'était élevée vers sa joue, l'avait caressée enlevant quelques obstacles capillaires châtains, et finalement, assez rapidement, ses lèvres vinrent se poser sur celles de la jeune femme. Sa main vacante eut le réflexe d'enserrer sa taille autoritairement, passionnément, histoire que la jeune femme ne tente pas une quelconque évasion. Doucement, ses lèvres toujours collées à celles de la Mavorov, il l'attira auprès de lui, l'éloignant volontairement de la porte. Bientôt, après quelques pas d'une valse improvisée, la Vélès se retrouva contre le mur voisin, enfin prisonnière du noir. Semyon enserrait sa fine taille de toutes ses forces et embrassait ses lèvres avec un appétit nouveau. Il appréciait cette bouche sensuelle et extrêmement douce qu'il dévorait dans des baisers de plus en plus violemment, comme pour connaître à chaque fois une intensité nouvelle. Ses yeux étaient clos et, comme un aveugle, il essayait de reprendre ses marques sur ce corps si longtemps abandonné. D'une main experte, la main droite du jeune homme se dirigea sans hésitation vers la jambe de la Vélès. Il caressa d'abord la peau voluptueuse avant de l'élever doucement le long de sa propre hanche, continuant le mouvement de va et vient qu'effectuait sa main. Les lèvres désireuses de l'héritier Dombrovski se dirigèrent ensuite vers le cou, abandonnant les lèvres avec regret, pour se concentrer sur cette peau fine et sensible. Il l'embrassa, une fois, deux fois, appréciant chaque baiser, chaque cuillerée de ce charmant velouté. « Je suis désolé, Kali. Pardonne-moi » Il pensait ces mots, bien qu'ils n'aient été qu'un murmure quasiment inaudible. Il regrettait de ne pas l'avoir eue et de na pas l'avoir satisfaite pendant un trop long moment. Son corps lui avait manqué vraiment mais, bien qu'il soit sincère, il espérait que jamais elle ne retiendrait une telle déclaration.

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Kalina A. Mavorov

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MessageSujet: Re: [Semina] I still remember the smile when you tore me apart    Mar 23 Fév - 20:48


❝I believe you are my saviour
in my time of need❞
Semina
I was disappearing in plain sight. Mendiante d’un regard face à la pauvreté de l’expression. Elle scruta dans ses yeux, cartographiant le bleu hostile d’un océan sans fond. Cherchant en vain une lueur d’intérêt, un scintillement de considération et de prise en compte de son être qui paraissait tant le désintéresser, le poussant à la regarder sans le faire comme lorsque des pupilles se perdaient à taire des pensées plus captivantes que le présent. Tombant sur tout, ne retenant rien. Marasme d’un avenir à deux, tous seuls. Le temps d’un éclat temporel, elle se sentit partir à son tour. Emportée par les vagues de l’indifférence, terminant sa dérive en échouant sur le sable d’une (d)échéance qui finirait par les rattraper. Et là, elle coulerait pour de bon, petit bout par petit bout de son identité morcelée, vétille, sans attention d’autrui pour la coller. Toujours immergée dans l’azure masculin, retenant l'air dans ses poumons, apnée momentanée, les enfonçant davantage dans le silence qui avait tranché cet élan de rapprochement, Kalina attendait en vain une réponse qui ne vint pas, balayée par une expiration dédaigneuse du promis, ce qui ne fit que pousser en retour ses propres lippes à s’entre-ouvrir, se remplissant de vexation, offusquées du geste qui s’exécutait sous ses iris bruns, qui eux, relevaient tout. De l’agacement de Semyon dissimulé derrière son éternelle impassibilité, à son illusoire tentative de ne pas la froisser, elle qui se chiffonnait d’un rien, en retirant son contact de cette peau albâtre. « Je ne suis pas d'humeur en ce moment, Kalina... », qu'il osait admettre, violemment flegmatique, évoquant un éventuel hier où il en aurait été autrement, lui offrant le froid rempart de sa colonne vertébrale, devenant inaccessible après s'être dégagé du pas qu'elle avait fait vers lui, peut-être cherchait-elle à revenir à une situation qui n'avait jamais été, pathétique gamine. Pas d'humeur ? Ce grain de voix ne faisant que redessiner le désert de son cœur. La raidissant sur place, une boule au creux de la gorge, deux autres formées de ses doigts en poings où ils les avaient reposés. Sur elle-même. A sa place. Loin de lui. Etait-ce véritablement ainsi qu'il voulait que se comporte sa future femme ? Cette même épouse devenant plus que l'ombre d'elle-même chez les Dombrovski ? Là sans l'être. Rejouant inlassablement le mauvais film d'un passé qu'il n'y avait plus lieu d'évoquer puisqu'elle s'en était débarrassé. A l'instar des enfants d'un certain âge incapables d'envisager le refus sans y voir un manque d'amour, la Mavorov s'avança une dernière fois contre cette silhouette qui se dérobait bien trop souvent, appuyant une joue affectueuse contre son échine et l'encerclant autour de son buste, fermant les paupières, ne désirant plus voir, à son tour, cette impassibilité éhontée. Devant le manque de réaction, de longues minutes de vacuité, l'étudiante se détacha enfin, marmonnant tout juste à ses épaules réticentes : « Bien, très bien », l'âpreté de son ton se fit incisif, « embrasse donc cette solitude dont tu pourras te draper les années à venir aussi, je n'ai plus rien à faire là », découpa-t-elle la situation et l'horizon en devenir, plantant en s'éloignant le poignard de la réalité dans ce dos qu'elle aurait de toute manière tout le temps d'admirer. You are the hole in my head, you are the space in my bed, you are the silence in between what I thought and what I said. No light, no light in your bright blue eyes, you can't choose what stays and what fades away... Toujours ce chantage affectif sans subtilité, la brunette refusait de partir mais le devait, se devait de le tester encore, de faire semblant de s'en aller pour de bon, de ne plus vouloir revenir. Peut-être le faudrait-il. Définitivement ? Cette démarche permettrait possiblement de lui ouvrir les yeux enfin, ou tout du moins de l’obliger à percevoir ce qui se situait ou plutôt qui se trouvait juste sous ses billes dédaigneuses. « Kali ! », se permit-il de la surnommer alors qu'il faisait tout pour ne pas lui être familier. A quoi bon l'appeler s'il lui fallait s'effacer pour le satisfaire ? Sa conduite de rejet ne pouvait être que volontaire. Il la repoussait ainsi de manière consciente et désirée. Tout comme la Mavorov s’imaginait que les choses allaient perdurer de la sorte pour leur pauvres jours à venir, et peu importait visiblement tous les efforts qu’elle avait placé pour lui plaire, pour se faire désirer et aimer. Peut-être devrait-elle tenter de dénicher une vraie cape d'invisibilité dans laquelle elle ferait coudre sa robe de mariée pour ce grand jour de (dés)engagement ? Ou une simple étoffe tissée en poils de Demiguise bien que l'effet soit plus éphémère.

Probablement que la Baronesa resterait à jamais transparente pour ceux qui ne savaient pas l'apprécier comme le faisait Scarjav. Ce constat la renfrogna un peu plus. Il était le seul et le resterait. Avec l'idée en tête de rejoindre son frère dans la tour des verts dont l'affection lui permettrait au moins d'essuyer cet affront muet, elle voulut mettre un premier pied hors du dortoir lorsque Semyon lui souffla cette humble supplique : « Reste. Reste... », ayant finalement décidé de se défaire de l'encadrement de pierre de cette fenêtre pour retrouver sa pommette d'une main glaciale d'avoir trop serré une matière aussi brute que son propre cœur d'homme. And I do anything to make you stay. Pourquoi lui accorderait-elle cette faveur ? Kalina n’eut pas la possibilité d’en formuler la première voyelle qu’une bouche se pressa contre la sienne. Celle, qu’elle n’avait plus sentie depuis… elle ne saurait dire quand, n’en avait guère plus estimé le contact pendant des semaines entières et successives au point d’en oublier sa saveur. Elle était venue s'écraser contre la sienne, ressac dont ses lèvres formaient le rocher réceptionnant cette ardeur soudaine. Avant même de pouvoir protester de ce subit revirement de situation qu'elle avait pourtant cherché à provoquer, la brunette se sentit tournoyer, virevoltant portée par ce cavalier improvisé qui l’entraînait dans un mouvement empli de spontanéité, un Veles-ne-savait-quoi de vrai, de réel et de vivant après cette absence monstrueuse, finissant par l'inscrire contre une paroi, ses vertèbres accusant le choc. Bloquée entre un corps qui l'avait repoussée auparavant et un mur, soudainement accrochée à ses lèvres, la porte semblait si loin, le départ chimérique, relégué au simple rang de subterfuge. Happée dans une brusque tornade de sensations contrastant drastiquement avec la froideur plus tôt, elle sentit une main agile amignonner sa cuisse, ramenant sa jambe contre son bassin appuyé. Suggestif au possible. Sans cesser sa douce torture, le sang-pur s'attaqua à son cou, gratifiant cette partie d'un corps séduit par cette initiative de son attention, insistant avec délice, la faisant progressivement s'emballer, de respiration et de cœur, s'il n'y avait pas eu ce murmure: « Je suis désolé, Kali. Pardonne-moi », glissa-t-il, sorti de nul part, dans un chuchotement près de sa peau, un stimulus auditif incongru que ses sens occupés à savourer réussirent tout juste à appréhender. « Pardon ? », elle attendit qu'il se déloge de sous son menton,« Que voudrais-tu m'entendre dire, Semyon ? », d'une main à l'arrière la nuque du brun, elle le força avec une tendresse mauvaise à revenir vers elle, le fixant avant de se jeter à bouche perdue sur ses lippes, les embrassant en continu jusqu'à en bercer le détenteur de cette possible illusion que tout serait effacé par cet unique demande, pour se décoller ensuite, tout aussi prestement, de sorte à poursuivre sa tirade, reprenant à peine son souffle qui venait à lui manquer de l'entrain qu'elle avait placé dans cet échange : « Que c'est le cas ? », susurra-t-elle, sucrée, ne semblant parler qu'à cette zone qu'elle n'avait que trop peu côtoyée, et à elle seule, ses prunelles rivées sur le peu de couleur dépeint sur ce visage blanc, qu'elle souligna d'une caresse de sa bouche, simple effleurement, « Que je t'offre l'absolution de me délaisser de la sorte ? », ses sourcils châtain se froncèrent, « Que je te gracie d'un pardon que tu ne mérites même pas ? Les paroles n'ont aucune valeur. Je me fiche pas mal que tu sois désolé si je ne peux le voir véritablement... Depuis le temps que le destin nous a réunis pour nous enchaîner tu devrais savoir que je ne pardonne pas. никога », la jeune noble avait ironisé entre plusieurs rapprochements entrecoupant la violence de ses dires, se souvenant et rappelant à son fiancé par la même occasion qu'excuser un individu revenait à lui accorder le pouvoir d'avoir déçu, consentir à être blessée sans tenir en rigueur une erreur à son égard. Rien qu'elle ne permettait à autrui. Cette fois-ci, imprédictible, elle planta voracement ses dents dans l'une de ces deux parts de chair, quitte à lui faire mal, surtout pour lui faire mal, et son regard s'enfonça dans le sien, brun contre bleu, l'obligeait à en soutenir l'intensité s'il ne désirait pas paraître des plus faibles. Sans quoi, la bulgare le traiterait probablement de chétif gringalet incapable de regarder la réalité en face; elle ferait toujours partie de son champ de vision. Refusant de lâcher ses deux prises, Kalina voulait voir les pupilles du Dombrovski se dilater autant que son intérêt. L'exigeait.

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Semyon L. Dombrovski

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MessageSujet: Re: [Semina] I still remember the smile when you tore me apart    Mar 23 Fév - 20:48



❝I Still Remember The Smile When You Tore me Apart❞
Kalina & Semyon
Contre les pierres froides de la tour des Vélès, Semyon contenait avec peine cette envie dévorante qui lui lacérait les entrailles, la paume fermement pressée contre le mur du dortoir. Son cœur, d'habitude si calme, s'emballait à chaque baiser qu'il déposait sans délicatesse sur l'épiderme de sa fiancée tandis que son sang s'échauffait sauvagement dans ses veines, le transformant en flots tumultueux et furieux. Il dévorait son cou, l'odeur qui s'en dégageait, la fragilité qui en émanait, comme un sevré qui redécouvrirait avec plaisir et un brin de peur la saveur de l'héroïne. Bien qu'il n'avait jamais promis à son lui intérieur un quelconque arrêt de la drogue que pouvait être la peau de la Vélès, il s'en était détachée sciemment, emporté par ses devoirs d'élève modèle et ses préoccupations personnelles. Il avait oublié la folie qui avait pu, à une époque, s’immiscer en lui. Il avait oublié l'envie, la passion, la futilité qu'il pouvait éprouver par ce sentiment noble mais éphémère qu'était l'amour. Il ne se souvenait plus et, pendant une période, avait oublié de s'en souvenir. Ils s'étaient bien croisés quelques fois dans les couloirs ou en cours mais la distance de leur corps n'avait pas fait naître en lui l'envie de s'en rapprocher pour en reconnaître les saveurs. Pas l'envie ou tout simplement pas le temps. C'était un homme pressé et dont le temps était précieux, vous comprenez... ?
Mais là, maintenant qu'il avait ses lèvres nichées près de sa peau fragile, tout lui revenait, l'envie en premier. Une main plaquée au mur,  l'autre sur sa cuisse légèrement découverte, son froid habituel s'évaporait pour laisser le champs libre à une agréable sensation de chaleur. Il la voulait, là, maintenant, malgré les mauvaises sensations qu'il avait pu ressentir tout au long de l'après-midi. Il voulait oublier le jeune homme allongé sur le sol, presque agonisant, dont l'image revenait de manière incessante devant ses paupière à moitié closes. Oublier en cédant à la folie. Oublier en cédant à la frivolité, à la luxure. Agir comme un être faible qui trouve son réconfort dans des bras rassurants et une chaleur confortable. Il en avait la possibilité donc il en avait le droit. Quoique... « Pardon ? » La voix de la Vélès le sortit doucement du doux confort dans lequel il avait cherché à se blottir. L'heure des explications était arrivée. Abandonnant cet épiderme avec regret après un dernier baiser nécessaire, les iris bleues s'élevèrent vers ceux bruns de sa fiancée. « Que voudrais-tu m'entendre dire, Semyon ? » Son ton était brusque, aussi froid et dénué d'émotion que celui qu'il avait pu utiliser quelques instants auparavant. Il la regardait, méfiant, essayant de percevoir ce qui pouvait se loger dans l'esprit de Kalina. Le froid qui commençait à reprendre ses droits sur son corps d'homme se vit stopper par ces doigts fins, féminins, qui l'encourageaient à replonger vers ces lèvres humides de leurs précédents baisers. Comme un enfant à qui on aurait refusé quelques instants plus tôt l'accès à un objet furieusement désiré, il se laissa faire, méfiant, cédant finalement, les yeux clos de satisfaction, une fois leurs lèvres en contact. Sa main droite lâcha finalement la jambe, choisissant de redessiner les pourtours de cette taille trop longtemps négligée. Les lèvres entrouvertes par une nouvelle vague de désir qui grandissait en lui, il laissa sa langue s'immiscer dans cette cavité désertée depuis des semaines avant de se sentir une nouvelle repoussé. « Que c'est le cas ? » Face à un tel affront, un léger sourire mi-carnassier mi-taquin s'étira sur la peau blême du visage de Semyon alors que ses yeux s'élevaient au plafond, brillant de malice. Il repositionna les billes aux reflets argentés qu'il possédait en face de celles de Kalina, les confrontant avec amusement. Il sentait son souffle chaud contre sa peau, contre cette mâchoire parfois trop tendue et les battements de son cœur accélérèrent leur cadence. « Que je t'offre l'absolution de me délaisser de la sorte ? Que je te gracie d'un pardon que tu ne mérites même pas ? Les paroles n'ont aucune valeur. Je me fiche pas mal que tu sois désolé si je ne peux le voir véritablement... Depuis le temps que le destin nous a réunis pour nous enchaîner tu devrais savoir que je ne pardonne pas. никога » Alors que la jeune femme avait sorti sa tirade avec violence, le Vélès n'avait pu s'empêcher de la désirer à chaque mot, à chaque haussement de ton, à chaque froncement de sourcils. Il n'avait cependant pas bougé, laissant son corps bouillonner à la place. Et puis, tel un boulet de canon, elle l'avait saisi, l'avait emprisonné dans un baiser brûlant face auquel il ne put que répondre, administrant dedans tout le désir que pouvait ressentir son corps. La paume de la main depuis trop longtemps enfoncée contre la pierre saisit l'arrière de sa tête, s'emmêlant au passage dans quelques mèches caramels. Ses yeux, infiniment ouverts, affrontaient ceux de la Mavorov avec violence tandis qu'il laissait la douleur que pouvaient ressentir ses lippes le contaminer.
« Ne me pardonne pas dans ce cas. Déteste moi, s'il le faut. Tu es tellement mignonne quand tu t'énerves » Il la décrocha enfin du mur, la serrant un peu plus violemment dans ses bras et l'emmena, enveloppée contre lui, sur la couche qui leur était destiné. Une fois déposée sans délicatesse sur les draps ébènes, il plongea une nouvelle fois sur ses lèvres, impatient, dévorant sa bouche sans réelle douceur. Ses doigts s'acharnèrent sur les plis du pull de laine merinos rouge et libérèrent, sans qu'elle ne l'ait spécifiquement demandé, la Vélès de cet habit à présent inutile. Ses yeux se posèrent enfin sur cette peau, parfois parsemée de légers grains de beauté, dont la couleur était beaucoup plus recevable que celle que lui infligeait la fatigue. D'une main que l'on ne pourrait pas qualifier de maladroite mais dont les empruntes avaient perdues leur trace, il redessina avec douceur les contours du ventre, des côtes, de la poitrine et de la clavicule, simples effleurements sur ce long corps de femme. Ses yeux, un instant fascinés par la pureté et la beauté de la Vélès, redirigèrent leur attention sur les yeux de  Kalina, puis sur ses lèvres. « Je ne pourrai jamais te demander de me pardonner, Kali, et...ce n'est pas vraiment ce que je t'implorais de faire » Son puissant mais svelte corps d'homme se dressa au dessus du sien, ne laissant aucune issue accessible. Ses muscles du dos étaient tendus et se dessinaient savamment entre les plis de son pull. Il se pencha finalement, effleurant ses lèvres des siennes pour se diriger enfin vers son oreille. « C'était une promesse...que je m'efforcerai de tenir... » Ses yeux fixèrent les siens avec intensité comme si ces paroles signaient son arrêt de mort. Il se pencha enfin, après une légère inspiration, sur les lippes closes de la Mavorov et, après une légère hésitation, les frôla pour les embrasser enfin. Ce baiser, il le laissa durer longtemps, infiniment. De toute façon, à quoi cela servait-il de reprendre son souffle quand on embrassait sa mort ?

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Kalina A. Mavorov

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MessageSujet: Re: [Semina] I still remember the smile when you tore me apart    Mar 23 Fév - 20:49


❝I believe you are my saviour
in my time of need❞
Semina
Morsure, piqure de rappel insatiable dont la brunette martyrisa une partie de ces muqueuses masculines, délicieusement mises à mal. Probablement aurait-elle pu lui transmettre la rage si elle n'était physique, celle de son âme blessée, sentant la chair incarnat se gonfler lentement sous l'attaque de ses dents qui s'en disputaient la prise. Ses pupilles scrutaient ces lagons, étendues d’expectative, mer de promesses, comme une amoureuse en aurait espéré, désespéré le retour d'un marin. Divagation interne. Ce ne fut qu'en y constatant avec un presque étonnement une réaction inattendue, inespérée, exprimée par une mydriase soudaine marquant la fixation déchirante de deux billes glacées dans les siennes que la pression exercée par ses quenottes sur les lèvres de son fiancé, que son cœur aurait préféré posséder d'une toute autre façon, put cesser. Son palpitant s'échoua dans sa poitrine, empruntant un aller simple en direction du sol qu’elle manqua de rejoindre tant ce simple contact visuel avait fait flancher son maintien sur un parterre qui l’attirait pernicieusement, paraissant l’engouffrer lui-aussi par l’intensité à laquelle il lui fallait faire face. Pour peu, la bulgare aurait pu entendre le son de cet organe se fracassant contre ses entrailles ou observer impuissante, divinement consentante, le tranchant de la vue de Semyon la réduire en pièces. Bien heureusement pour la Baronesa, le Dombrovski faisait rempart de son corps, la soutenant, empêchant toute faiblesse et relâchement de la pression qui aurait pu avoir lieu en raison d’un éventuel fléchissement, dérapage déplacé, en la maintenant contre ce mur à la rugosité hostile tout en ayant rapproché son visage du sien, fermement guidé de sa poigne à l’arrière de sa tête. Mais ce soir, il lui offrait davantage. Bien plus qu’un peu de son temps de si grande valeur dans son agenda de ministre à la tête d’un gouvernement de solitude, qu’un haussement de jupe agrémenté d’embrassades dérobées et savourées autant que les effleurements d’épiderme qui les accompagnaient. Le support et l’apport étaient tout autres. Elle venait d’obtenir ce qu’elle avait toujours souhaité. Son attention toute entière. Rien de moins que ça. Il la regardait enfin cette pathétique gamine. Sa bouche s'entre-ouvrit, réaction de fillette surprise devant l'un des plus beaux cadeaux qui lui avait donné de recevoir. Tout court ou de sa part ? Pouvait-elle ne serait-ce que se l’avouer ? Kalina se réjouissait indéniablement d’être gratifiée de considération. Y avait-il plus… misérable ? La laissant désemparée sous l'emprise de ce qu'autrui interpréterait pour un banal échange de deux perceptions conjointes. Un regard dans un autre. Ayant recouvert la liberté, des lèvres rougies de douleur formulèrent des paroles qui ne firent qu’aggraver les hostilités instaurées par ce tout nouvel échange : « Ne me pardonne pas dans ce cas. Déteste-moi, s'il le faut. Tu es tellement mignonne quand tu t'énerves », l’encensa-t-il et elle lui permit de la transpercer de plein fouet de ces dires, désirant encore plus ardemment qu’il renouvelle cet assaut d’une toute autre arme. Elle provoquerait le coup fatal ou l’achèverait d’avoir échoué. Si ce n'était guère une injonction à le blesser en retour, qu'était-ce d'autre ? La remarque du Veles fit s'échapper un filament de moquerie du fond de sa gorge qu'elle offrait tantôt à son avidité: « Oh mais je te haïs déjà mon amour, et pourtant je ne suis jamais aussi dangereuse que lorsque je me révèle des plus douces mais puisque tu me préfères sous un autre jour en cette heure, je présume qu'il sera possible de s'arranger. Sur ce point tout du moins... », glissa-t-elle venimeuse se jouant des contradictions le long d'une mâchoire qu'elle aurait pu briser de cajolerie. Comment ne pouvait-elle pas exécrer un individu qui avait été imposé à son existence, contre sa volonté, s’attribuant une place que ses sentiments n’accordaient qu’à Scarjav ? En retirant la farouche de la paroi des dortoirs afin de la porter, emprise puissante, de sorte à la jeter sans grande considération sur une surface moelleuse où son envie vint se réceptionner juste avant de la surmonter de l'ascendant de sa carrure, le brun pensait sensiblement pouvoir l’entraîner en noces tardives sur la première zone douillette venue, celle d’un lit qu’il lui refusait bien trop souvent. Comme s’il convenait à cet instant de faire exception pour étouffer de douceur ce qui se préparait. Permettant d’entourer illusoirement du rembourré des plumes ou des caresses du satin ces élans dévastateurs qu’ils savaient tous deux mériter un tout autre terrain de jeu que des draps chiffonnés. Les parures et oreillers n’offriraient somme toute qu'un garde-fou temporaire à l'égarement qui s'emparait de leurs silhouettes lorsqu'elles parvenaient à s'unir. Leurs parties charnues se scellèrent avec brutalité, conférant à la concupiscence de nouvelles langueurs sur lesquelles se pavaner. L'échine gravée dans la literie, l'étudiante de l'Unité Spéciale chercha à fondre dans un décor d'encre, où le noir avait depuis longtemps teinté son âme en perdition, pour mieux émerger ensuite. Ou peut-être préférait-elle couler ? L'emporter avec elle vers des abîmes avec lesquels elle flirtait si souvent ? Elle n'était que créature du diable avouaient bien certains. Pourquoi le démentir ?

L'attirant un peu plus sur elle, agrippée à un cachemire, tirant dessus quitte à le déformer, la brunette ne décrocha de son emprise autour du col du jeune homme que par l'empressement que son promis manifestait à la débarrasser de son propre haut. Dans une précipitation capricieuse mais non moins gracieuse, la sylphide se redressa, élevant ses poignets en direction du plafond, facilitant de ce fait le passage du vêtement que l'irascibilité de l'amant emportait. Il s'était écarté pour mieux l'approcher. Deux iris qui n'avaient plus rien de séraphique la scrutaient à présent dédiée à son appréciation. Les phalanges baladeuses entre monts et clairières. Frôlements à fleur de peau sous lesquels elle se sentait éclore d’un dégel imposé. Son corps s’improvisait printemps, en éveil, alors qu’il y soufflait une première chaleur : « Je ne pourrai jamais te demander de me pardonner, Kali, et... ce n'est pas vraiment ce que je t'implorais de faire » S’érigeant à nouveau massif au-dessus de son buste que seule la patience apparente couvrait encore d’un tissu excédentaire, les lippes de l’héritier du vingt-sixième oblast narguaient leurs cibles charmeuses déjà tendues afin d’en recevoir les faveurs mais la brunette dut se contenter, visiblement frustrée, d’en voir le contour à peine esquissé de satisfaction, trop inassouvie de la sapidité éphémère, restant de passion qui s’estompait bien trop rapidement à son goût sur des papilles délaissées. Sournoisement il avait cherché un meilleur auditeur pour ses fabulations, venant glisser dans son tympan les couleuvres d’un babillage qui n’en convainquait la détentrice qu’à moitié : « C'était une promesse...que je m'efforcerai de tenir... », exsuda-t-il de culpabilité ? De traîtrise ? Avant de la tenir une nouvelle fois par ses prunelles qui ne la fuyaient plus. Si en temps normal la Mavorov aurait pu tuer afin de profiter de pareil privilège, le grondement intérieur la rendait aveugle au bleu perçant de ses yeux. Empêchant d'en savourer l'attention tant désirée. Les billes naturellement sombres de la bulgare se muèrent en abysses vertigineux de colère prêts à l’engloutir pour ce mensonge à peine voilé. Des mots, toujours des foutus mots ! qu'une faute future ne saurait tarder de venir contredire. Ce fut l'intérieur de sa bouche, gouffre de noirceur, qui accueillit les ardeurs de ce baiser ravageur. Plus qu'une réponse, elle capturait cet élan entre l'espace de son souffle, le saccageant de son attirance, le rendant sublime, assoiffée par le besoin de le consumer en retour. Le dévaster d’un même désir. Cherchant une prise, un point d’ancrage à ce début de perte de maîtrise, deux mains se glissèrent sous le pull du Veles à la naissance de son bas du dos. Elle en pressa les reins contre son bassin, se tortillant sous son poids, paraissant ne plus pouvoir être maintenue. Comme s’il lui était intimé de perdre contrôle à tout instant. Dix points de douleur, ses ongles s’enfoncèrent. Remontant, agiles, des griffes le long de sa colonne sans libérer pour autant ses lippes, en étouffant toute possibilité de cri, d’échappatoire. Puis beaucoup plus lentement de part et d’autre de sa cage thoracique. Qu’il la morde donc ou la punisse de vouloir estamper le passage de son affection, d’attester de sa présence en retraçant les marques de leur propriétaire sur ces muscles athlétiques, massacrant ces flancs blancs, tout en ôtant simultanément le vêtement qui en recouvrait le torse. L’insistance du geste dont le Noir garderait probablement des traces pour les jours à venir n’était qu’un rappel, une menace silencieuse à d’autres doigts un peu trop aventureux que ceux qu’il sentait de s’y attarder. Ainsi, la brune ne faisait que signifier à toute autre conquête potentielle de son fiancé qu’elle ne leur laissait assurément que les restes, les miettes de sa gourmandise jamais repue. Profitant de la proximité du bord de lit ainsi que de la souffrance insufflée par ses doigts détournant toute vigilance, Kalina saisit sa chance pour renverser leurs positions respectives, ainsi que le rapport de forces par la surprise, entraînant Semyon avec elle dans sa chute, heurtant de ses genoux dans un bruit conséquent le parterre froid de la chambre tandis qu’elle s’écrasa sur son torse maltraité plus tôt, plaquant un peu plus les épaules de son futur époux contre le marbre sombre, les paumes appuyées contre lui afin de s’en défaire, non sans une grimace résultant du choc qui s’estompa en sourire féroce. Elle se releva presque fébrile, semble-t-il prête à partir mais se dressa finalement fièrement une jambe de part et d’autre de ce corps qu’elle avait étendu, bien loin d’en avoir terminé avec le Dombrovski... Provocatrice au possible, la sorcière n’attendit pas une quelconque initiative de son compagnon. Enjambant une partie du buste toujours allongé, venant encadrer chaque côté de ses joues de ses talons, les pieds légèrement écartés. Le toisant de haut, sa voix mutine s’exprima enfin : « Je n’en ai que faire des promesses et de ces supplications dont tu espères probablement en vain le pardon. Je doute que ma bouche puisse y formuler autre chose que de l'incrédulité et un refus. Néanmoins… », elle s’arrêta brusquement de parler afin de poursuivre ses intentions par la gestuelle. Sa main se faufila sous la tenue anthracite réglementaire qu’elle garda mais de laquelle elle retira le sous-vêtement, glissant la dentelle sur ses cuisses, doucement, finissant par en jeter le tissu en le retirant avant qu’il ne s’abaisse complètement jusqu’à ces billes d'azure au sol qu’elle ne quitta du regard. S’agenouillant finalement au-dessus de son visage, en ayant relevé le devant de sa jupe de sorte à pouvoir s’amuser de l’expression qu’elle provoquerait ainsi positionnée, diablement tentante, l’intimité à quelques centimètres de la respiration de son fiancé, Kali finit par décréter : « … tu peux toujours tenter de convaincre d’autres lèvres qui seront peut-être plus réceptives ? »

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Semyon L. Dombrovski

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MessageSujet: Re: [Semina] I still remember the smile when you tore me apart    Mar 23 Fév - 20:49



❝I Still Remember The Smile When You Tore me Apart❞
Kalina & Semyon
Il avait oublié à quel point sa fiancée pouvait être violente et c'est donc avec une légère pointe de surprise qu'il réagit lorsqu'un ongle, un peu trop long, peut-être un peu trop manucuré, pénétra dans le bas de son dos. Une légère grimace étira ses lèvres qu'il cacha en embrassant un peu plus cette bouche, en laissant sa langue pénétrer violemment l'embrasure de ses lippes. Alors qu'il sentait une légère bise froide s'étirer le long de son dos, se mariant à merveille avec l'absence progressive de son pull sur sa colonne vertébrale, une main, qui se réchauffait au fur et à mesure de leur étrange danse, caressa cette poitrine ferme et qui se soulevait sûrement sous le désir naissant. Sa partenaire était agitée et Semyon prit ce signe pour une passion de plus en plus grandissante. Alors que ses doigts s'attardaient dans ces fines traînées ambrées qui encerclaient le visage de la jeune femme, un geste violent eut le don d'étonner le Vélès. D'un coup, il se sentit tournoyer, perdant soudain l'équilibre jusqu'à ce qu'un choc, brutal, vienne martyriser ses fesses et son dos. BAM ! Le bas de son corps, comme un poids mort, vint cogner le marbre sombre du dortoir et un nouveau rictus de douleur vint habiller les lèvres de l'héritier qui perdit au passage les lippes rougies de sa fiancée. Cette dernière ne semblait pas vraiment souffrir de leur chute, amortie bien sûr par le corps du Dombrovski. Une légère expression de surprise se dessina sur ce visage qui n'avait plus rien d'angélique, rapidement effacée par un sourire carnassier. Incapable de se relever, un instant étourdi par la brutalité du choc, Semyon se laissa maîtriser par son amante, aussi consentant qu'un boursouf apprivoisé. Celle-ci se releva, provocante et le sourire toujours aux lèvres alors que le jeune homme la regardait, interrogateur et, un court instant, inquiet d'un départ prochain. Il n'en fut heureusement (ou malheureusement) rien.
Patient et un instant amusé par la situation, le Vélès regarda sa fiancée prendre les devants, le surmonter de son corps de femme. Les cheveux en bataille et le crâne reposant paisiblement sur le marbre, il attendit, patient, la suite des événements. Ceux-ci ne tardèrent pas à arriver. La sorcière se déplaçait lascivement au dessus de lui, encadrant son corps, l'emprisonnant de ses deux pieds fermement ancrés au sol. Bientôt, il ne vit plus que deux jambes dressées au dessus de son visage, et une fine dentelle cachant l'intimité de sa fiancée. « Je n’en ai que faire des promesses et de ces supplications dont tu espères probablement en vain le pardon. Je doute que ma bouche puisse y formuler autre chose que de l'incrédulité et un refus. Néanmoins… » Le jeune homme déglutit doucement face aux mots de la Vélès qui lui paraissaient meurtriers mais, bien assez vite, il ravala une seconde fois sa salive face au spectacle auquel il était autorisé à participer. Son pantalon se faisait plus étroit à mesure que la jeune femme se baissait vers son visage, avec une sensualité intacte, malgré la position plus que compromettante.  « … tu peux toujours tenter de convaincre d’autres lèvres qui seront peut-être plus réceptives ? » Semyon, un instant hésitant face à une telle exposition, laissa sa langue finalement sortir de sa bouche et caresser les lèvres qu'on lui incombait de délier. D'abord lentement, il lécha avec sérieux, sa main saisissant le séant de son amante pour la maintenir en position et pour attaquer de manière précise la cible visée. Au bout d'un moment, ses coups de langues s'accélèrent, martyrisant avec plaisir la douce intimité de sa compagne. Une main impatiente remonta le long corps de Kalina, se faufila sous le soutien-gorge et caressa grâce à des doigts experts, le robert bombé de plaisir. « Convaincue ? » Lâcha-t-il alors que le corps de la Mavorov semblait vibrer de plus en plus sous la langue du sorcier. Au bout d'un moment, pendant lequel il reprit sa tâche, de plus en plus passionné, de plus en plus violent, ses deux mains saisirent le bas ventre de la jeune femme et le repoussèrent sur le torse du Dombrovski puis sur le côté. Plus désireux que jamais, il réussit avec une rapidité déconcertante à enlever la boucle de sa ceinture, à déboutonner son pantalon et à baisser aussi bien falzar que caleçon. Ainsi exhibé, il se retourna vers sa conquête, saisit sa joue d'une main à présent chaude et embrassa violemment ses lèvres. « Plus de promesses alors. Plus de supplications... » Cela l'arrangeait au fond. Il n'aurait plus à expliquer ses faits et gestes, plus à s'en excuser. Il n'y aurait plus que la promesse de leur union, ultime lien qu'ils ne pouvaient se permettre de briser. Alors que sa langue se perdait dans les tréfonds de sa bouche, que ses doigts s'aventuraient une énième fois dans cette chevelure à présent décoiffée, il resserra un peu plus sa prise, la reposa délicatement sur le sol froid et, sans souffle après cet échange, se plaça au dessus de sa victime. Leur baiser s'arrêta. Les yeux du Vélès se posèrent intensément sur sa fiancée, comme s'il la voyait pour la première fois, ou comme s'il  la regardait pour la première fois, plutôt. Elle avait de grands yeux aux pépites vertes et une moue enfantine mais tellement sensuelle. Elle était tellement sauvage, tellement femme et en même temps, tellement enfant. Elle était douceur, violence, envie, pardon. Elle était innocence. Elle était désir. Elle était...affection. Etait-elle...amour ? Son intimité à quelques centimètres de la sienne, le Vélès laissa planer l'attente, l'impatience et le silence. Son regard toujours accroché au sien, le découvrant vraiment pour la première fois, il se rapprocha un peu plus, inspirant longuement, en même temps que sa fiancée. « Tu es très belle aujourd'hui ». Un sourire, réconfortant, et eux, ne faisant qu'un.  

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Kalina A. Mavorov

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MessageSujet: Re: [Semina] I still remember the smile when you tore me apart    Mar 23 Fév - 20:50


❝What if the way we started made it something cursed from the start ?❞
Semina
Recouvertes d’une nitescence peu commune par la malice qui l’avait engendrée, où il y diaprait quelques reflets pétillant d’un début de satisfaction, résultante de cette position avantageuse, dominante, ses billes laissèrent mourir la lueur brillante en leur sein en se refermant, s’enfonçant dans la noirceur égoïste afin de pouvoir faire abstraction du lieu, du temps qu’il leur était compté jusqu’à la séance d’étude prenant part dans une heure à la salle d'étude de leur tour. Cherchant à se focaliser uniquement sur les sensations qui allaient envahir ce bas-ventre offert à une argumentation qu’elle espérait ne pas revêtir l’apparat de l’argutie. Affable à ce premier effleurement humide que lui prodiguait son promis, les doigts de la brune emprisonnèrent le tissu de la jupe brumeuse venant encadrer ce terrain exploré par le seul jurement qu’elle le savait capable d’honorer, celui du plaisir. Il était pour le moins paradoxal de constater quel effort d'abandon il fallait fournir afin d'accorder une part de pouvoir à l'autre, celle si difficile à remettre, d'une emprise sur son propre corps, ses réactions, son contrôle et ses désirs, pourtant ô combien nécessaire afin de ressentir la jouissance d'une perte de contrôle librement consentie. Car dans les jeux de forces d'un rapport charnel, il n'y avait qu'en renonçant d'une propre initiative, en cédant volontairement cette influence sur soi, que l'ascendant sur sa propre volupté, son asservissement demeurait intact. Comme pour confirmer ce consentement silencieux, simplement appuyé par une respiration perturbée qui trahissait un contentement grandissant chez la bulgare, Semyon réassura sa maîtrise sur les délices qu’il lui infligeait en attirant un peu plus sa fiancée sur son visage dont la langue adroite et déterminée redessinait de bonheur les monts et merveilles s’épanouissant doucement mais sûrement sous ses passages répétés, ses phalanges empoignant des formes callipyges auxquelles il imposait sa volonté d'une seule main. Aussi diligent qu’empressé, à la fermeté de sa droite qui la maintenait à proximité de ses lippes, s’opposait l’aventure de sa sénestre remontant le long de ce ventre que l’héritier pouvait sentir tressaillir par instants, vibrations d’un grondement interne dont il n’était autre que le maître, s’immisçant finalement hâtif sous les dentelles pour mieux s’attarder au doux supplice qu’il faisait endurer à son sein gauche. Deux billes mordorées se rouvrirent sur son faciès affairé lorsque le Dombrovski parvint à déloger un soupir de la poitrine de la jeune noble, s’éteignant pourtant brutalement dans un subtile évanouissement contre des lèvres contenant que difficilement cette expression subite que le sorcier lui intimait sournoisement d’éprouver, en alternant, combinant, tantôt douceur languissante et cruauté raffinée de sa bouche avide et gestes de plus en plus affirmés. Plutôt que de marquer son appréciation par des locutions trop présentes et surfaites que beaucoup de filles écervelées utilisaient, et contrairement à celles qui laissaient s’échouer de leurs gorges des sons trop aigus, pensant idiotement qu’il fallait piailler à chaque coup de langue afin de satisfaite davantage l’ego d’un mâle que leur propre ressenti, le témoignage du bien-être auquel Semyon la contraignait, se manifesta uniquement vindicatif par un bruit de mécontentement peu dissimulé, frustrée de se constater aussi dépendante des gratifications que ses doigts et son morceau de chair agiles lui accordaient, qui lui échappa presque douloureux lorsque la brunette le sentit quitter ses autres lèvres afin de la questionner : « Convaincue ? » Pour seule réponse adéquate à pareille interrogation, elle se rassit un peu plus sur la bouche de celui avec qui elle partagerait sa destinée, liée à son bon vouloir par une alliance entre deux noms de prestige, afin de le faire taire mais surtout pour le supplier implicitement de continuer, comme à l’accoutumée, fidèle à elle-même, Kalina imposait plutôt que de quémander, ses genoux tremblants contre le marbre noir. Etait-ce véritablement de sa faute s'il lui en fallait toujours plus ? Si elle ne pouvait se satisfaire d’un peu mais nécessitait toujours tout, en tout temps ? Devançant, anticipant probablement même son caprice pour le prolonger de quelques minutes encore le Veles s’affairait avec hardiesse, le temps que le pan du vêtement s’abaisse sur ses agissements de sorte à ce la baronesa puisse libérer son buste de son soutien-gorge. La brunette releva finalement l’étoffe de l’uniforme sous lequel elle croisa un regard qui se mêla au sien dans un échange que sa perception interpréta pour la première fois de... complice. Non, il ne faisait que la regardait un peu mieux voilà tout.

Puis, inopinément, décidant qu'il en était assez de ce prélude, il se défit de son intimité, la reposant imprégnée de désir sur son thorax contre lequel elle se serait probablement frottée par compensation de ces flatteries qui l’avaient quittée, pas prête à s’en contenter, toujours aussi envieuse et bouillonnante pour lui, s’il ne l’avait fait basculer le flanc à la merci de la froideur du sol en roche presque exempt de marbrures, plus clairsemées que prononcées. Sans lui laisser le temps de s'approcher ou de lui venir en aide, comme si le Dombrovski craignait de la voir s'échapper une seconde fois alors que la plupart du temps il ne recherchait aucunement sa compagnie, celui-ci avait abaissé pantalon et caleçon sur ses genoux, se débarrassant ce faisant de toute entrave retenant encore sa virilité, qui s’érigeait à présent à appréciation de sa fière architecture sur laquelle elle aurait aimé retracer la structure, en éprouver la rigidité au creux de sa paume mais son fiancé l’attira une nouvelle fois contre ses lippes, happant les siennes sans grande douceur, les meurtrissant avec convoitise tandis qu’elle chercha de son côté à approfondir l’échange en ramenant sa jambe extérieure à hauteur de cuisse de l’élève du camp noir, une simple jupe dont elle n’avait pu se défaire en dernier rempart à leurs retrouvailles. « Plus de promesses alors. Plus de supplications... », qu'il lui jura paradoxalement, sans se rendre compte que ces paroles étaient en elles-mêmes un serment contredisant leur contenu, après s'être détaché de ses lèvres sensibilisées par le zèle marqué qu'il avait placé dans ce baiser. Elle voulut lui répondre qu'elle n'espérait que des actions de sa part mais la réintroduction de son amadoueuse entre ses commissures en empêcha toute réplique, préférant atermoyer cette remarque dont les occasions ne manqueraient guère afin de la soulever à un moment plus adéquat. En lieu et place de toute riposte, Kalina se laissa emporter par ce début de frénésie. Il était cruellement bon de le retrouver après tout ce temps semblable à une éternité. De le sentir à nouveau aussi proche. Pourquoi demeurait-il aussi éloigné d'elle, bon sang ? Leurs muqueuses entremêlées, se cherchant, s'affrontant ne lui suffisaient déjà plus. Ne ressentait-il pas le besoin de lui arracher ce dernier vêtement ? Bouse, il fallait tout faire soi-même, s’impatientait-elle. Sans cesser cette confrontation entre leurs langues, se rapprochant de près et de loin à un combat à mort où s'agissait d'achever l'autre par manque d'air ou d'énergie, ses mains se dirigeaient déjà sans plus de cérémonie vers la fermeture éclair du bas de sa tenue afin de s’en occuper personnellement à défaut de constater d’initiative mais elle fut interrompue à mi-chemin en sentant le contact de son ventre appuyé au sien, se collant enfin peau à peau en la ramenant contre lui, rencontre étonnement apaisante, réconfortante même qui eut le don d’endiguer son agitation. Presque tranquillisée par ce contact tant recherché, son organe vital chercha à retrouver une cadence adéquate à cesser de marteler avec tant d'entrain dans cette poitrine qui se soulevait encore frénétiquement contre le torse qui l’avait recueillie pour la retourner, échine contre le parterre aussi dur que glacé, avec une délicatesse contrastant drastiquement avec la vigueur et fougue avec laquelle il se détruisaient auparavant tous deux les cavités buccales où les assauts avaient cessé. Avec une douceur rare, ses prunelles rivées dans les siennes, respirant de manière saccadée contre son menton, la jeune slave encercla le dos de son partenaire, débutant par une main dans sa nuque qu’elle glissa avec tendresse le long de ses cervicales puis de ses vertèbres, parcourant sa colonne du bout des doigts, l’effleurant à peine, retraçant simplement par instants les marques que ses ongles avaient gravées dans son épiderme laiteux, le rougissant, gonflant par endroits de lignes sinueuses confirmant son passage précédent que son toucher retrouva avec délice à l’instar d’une courbe ou d’un recoin tant de fois exploré sur un corps familier. Ses frôlements s’attardèrent sur certaines blessures, volontairement, vengeance silencieuse à l’attente à laquelle il la contraignait en étant si près, couché sur elle, et pourtant si loin. Elle voulut échapper une supplique exigeant de mettre fin à cette torture, réussit toutefois à se contenir au début mais une plainte sans mot s'extirpa à la place, la voilà qui se remettait à se tortiller, intenable. « Tu es très belle aujourd'hui », la complimenta-t-il, semble-t-il admiratif. Ne lui permettant aucune esquive qu’elle n’aurait aucunement recherchée, il choisit adroitement de la compléter au même moment. Le laissant prendre possession de ses entrailles, elle se cambra de plaisir sur le marbre sombre, ne pouvant se raccrocher à aucun drap,  l’accueillant alors aussi intimement que cet éloge impromptu, lui accordant la place nécessaire à son déploiement, contrairement à celle qui le Dombrovski lui refusait trop souvent dans son quotidien. Finissant par le retenir en elle, ses cuisses entourées à son bassin enchevêtré au sein, elle redressa sa tête de sorte à refaire face à son visage pour observer l’expression qu’emprunteraient ses traits lorsqu’elle faufila ses phalanges dans sa chevelure d’ébène, l’agrippant vers l’arrière en tirant dessus, l’obligeant ainsi à lui donner l’accès à son cou que Kalina s’empressa de parcourir sensuellement de sa langue, depuis la clavicule, mordant par endroits, aspirant par d’autres sans y graver de suçon, progressant le long de sa mâchoire rugueuse jusqu’à l’oreille de son compagnon où elle gémit une première fois sincèrement en le sentant se mouvoir. Mutine et agitatrice, elle bloqua avec force tout d’abord son élan pour le frustrer entre ses jambes, et, refusant de s’abandonner aussi facilement à lui, elle s’exprima : « Prouve-moi que je t'ai manqué Semyon… », qu’elle soufflait à son ouïe qu’elle savait réceptive, « … montre-moi que tu as eu tort de ne pas rechercher cette proximité qui te revient »

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Semyon L. Dombrovski

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MessageSujet: Re: [Semina] I still remember the smile when you tore me apart    Mar 23 Fév - 20:50



❝I Still Remember The Smile When You Tore me Apart❞
Kalina & Semyon
Elle était à lui. Tout à lui. Bien que le Vélès n'était pas d'ordinaire si possessif, il se surprit à penser que jamais on ne la lui arracherait. Des sentiments. Trop de sentiments. Il s'était promis de n'en ressentir aucun et de ne jamais être, par là même occasion, l'un de ces grands héros romantiques capables de tout donner par amour. Amour ? Qu'était-ce donc, d'ailleurs ? Il n'avait jamais voulu le nommer, le désigner par un quelconque exemple, laissant cela aux autres étudiants qui se ridiculisaient devant lui et qui ne devaient même pas, au fond d'eux, connaître la véritable signification de ce sentiment si meurtrier et dévastateur. Pour Semyon, cela se résumait en une soumission totale, en un oubli complet de soi, en un don consenti de l'organe qui vous permettait de vivre. Pour lui, l'amour, c'était mourir, partager un corps à deux, se déchirer aveuglément pour espérer ne pas être détruit plus tard. Alors qu'il sentait son corps contre le sien, il voulut la serrer un peu plus fort, la garder captive et la faire souffrir pour cette jalousie qu'elle lui faisait ressentir. Elle était à lui mais c'était elle, perfide et égoïste femme, qui l'enfermait en elle, son bas-ventre accroché au sien, l'emprisonnant volontairement entre ses longues et douces jambes. Les lèvres entrouvertes face à la passion qui croissait en lui, Semyon s'immisça d'abord tendrement en elle et vit son corps se soulever, peut-être sous l'effet de la surprise ou, en étant optimiste, du bonheur qu'il réussissait, pour une fois, à lui faire ressentir. Il la regardait, de ses billes azures striées d'argent, voyait sa poitrine se soulever sous les va et vient d'abord langoureux qu'il menait, et chercha une manière de la satisfaire d'avantage. Sa main droite se promenait, rugueuse sur la peau si lisse de sa jambe, remontant, chatouilleuse, du genoux jusqu'à la fesse, essayant d'en décrypter chaque pors. Ses ongles, contrairement aux siens, ne griffaient pas. Le jeune homme n'était pas timide, non, mais il voulait cette douceur, qui contrastait en tout point avec le caractère corrosif de sa fiancée. Alors qu'elle l'obligeait à relever la tête, tirant sans tendresse sur ses mèches noires, lui, caressait ce corps, si réconfortant, si chaleureux. Les yeux clos, appréciant les réactions que commençait à produire leur union, il laissa ses sens s'éveiller ; la douceur de son épiderme, les baisers de ses lèvres dans son cou, partie incroyablement sensible, même chez lui, et ces doigts, cette force dominatrice qui l'obligeait à être son disciple. Sa main valide agrippa le sol, essayant de s'accrocher, sans grand succès, aux interstices apparents des plaques du vieux marbre. Un soupir se fit entendre, faible, vulnérable cri silencieux qui fit monter en lui une passion nouvelle. S'appropriant d'avantage le corps de la Vélès et les yeux de nouveau fixés sur ce visage aux traits faussement innocents, il continua, patient, le prochain signe de son contentement. Mais rien. Au lieu de ça, elle le retint, sadique qu'elle était, frustrant ses ambitions de conquête. « Prouve-moi que je t'ai manqué Semyon…montre-moi que tu as eu tort de ne pas rechercher cette proximité qui te revient » N'était-ce pas ce qu'il avait prévu de faire ? Devait-elle toujours tout gâcher par des mots qui l'obligeaient rigoureusement à se plier à ses quatre volontés ? Pourquoi devait-elle exiger plus, toujours plus, alors qu'il ne souhaitait donner qu'un minimum qu'il trouvait déjà largement suffisant. Pourquoi devait-il se soumettre alors qu'il avait refusé, des années durant, de le faire ? Ce n'était pas lui. C'était le pervertir, en faire un animal de compagnie, que de le forcer de la sorte. Sans en tenir rigueur, il s'exécuta cependant, son cœur tanguant toujours entre les volontés de la Mavorov et ses idéaux premiers. Ainsi, les yeux de nouveau clos, emprisonné par les bras de la jeune femme, Semyon augmenta le tempo de leurs ébats, la main sur la peau de sa jambe devenant plus crispée. Elle voulait qu'il soit animal, il allait l'être puisque prouver son attachement était, pour elle, synonyme de violence et de performance. La mâchoire serrée et sa prise toujours tenue contre son bassin, il la posséda de toute sa force, délaissant là le peu de tendresse qu'il avait voulu instaurer entre eux deux. Ses yeux se plantèrent finalement dans les siens, assassins et, sans galanterie, le Vélès saisit le cou si fin, l'approcha de lui, et embrassa avec une violente passion les lèvres de Kalina. Combien de temps restèrent-ils ainsi ? Il ne savait pas. Il l'avait dans ses bras, de la manière la plus égoïste qui soit, lui qui avait toujours refusé de l'être. Lèvres contre lèvres, dents contre dents, elle était à lui, rien qu'à lui, et rien ne pourrait le contredire. Ses mouvements accélérant avec les minutes et la passion croissant de plus en plus en lui, lui faisant serrer les dents, il la maintenait toujours, violent, refusant toute esquive de sa part. Rien autour d'eux ne comptaient et l'ego piqué à vif, le Vélès prit pour simple résolution d'en faire payer la charmante guêpe de son insolence. Il allait lui prouver, par des gestes, par la chaleur d'un orgasme, qu'elle lui avait manqué. Ou tout du moins, qu'il était capable de lui faire l'amour selon les critères de la Mavorov, c'est à dire dans la violence.  

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MessageSujet: Re: [Semina] I still remember the smile when you tore me apart    

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