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 [Sodemy] No one knows what it's like you and me

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Solveig A. Andersen

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Messages : 19
Date d'inscription : 23/02/2016

MessageSujet: [Sodemy] No one knows what it's like you and me   Mar 23 Fév - 20:25



❝NO ONE KNOWS WHAT IT'S LIKE
YOU AND ME❞
SOLDEMYX
« Allé, viens, on sort ce soir ! » déclara Ewa Bresson d'une voix volontairement suppliante. Ses yeux brillaient de larmes virtuelles alors que ses doigts tiraient doucement mais à fréquences régulières sur le tissu du large t-shirt des Runaways que la danoise revêtait pour dormir.  « Ewa...je... » ne suis pas libre «...suis fatiguée ! Demande à Daegan, plutôt, ou à Dragan ! Je suis complètement morte, ce soir. » Sur le minois de la blondinette, une moue lasse et faussement coupable étira ses traits. « Une autre fois, c'est promis ! » Solveig attrapa les épaules de son amie pour les serrer chaleureusement, lui livrant ainsi l'assurance d'une prochaine soirée entre filles. « Tu m'énerves, Sol ! » Qu'elle entendit Ewa dire d'une voix grave et déçue, un long soupir de soumission lui échappant néanmoins. La bien nommée Solveig laissa ses lèvres s'étirer en un large sourire et se poser sur la joue de sa collègue en un baiser satisfait. « Je t'aime aussi ! » Puis, Miss Andersen referma simplement la porte de ses appartements après avoir vu Ewa tourner les talons en direction des siens. D'une démarche lente et la plante des pieds traînant de paresse sur le marbre froid, elle s'approcha du tourne-disque qui trônait sur une commode près de son lit, et, d'un geste habitué, replaça le bras boisé de l'appareil pour laisser l'aiguille atterrir sur la surface circulaire du vinyle réglisse. Dans la chambre, on entendit bientôt, avec délicatesse, malgré les guitares saturées et les coups de grosse caisse, un des titres phares du groupe moldu de filles qu'elle arborait fièrement sur sa poitrine. The Runaways soient la voix des femmes qui décident de s'emparer sans autorisation d'un genre habituellement masculin. La gente féminine au pouvoir, les hommes dans les gradins. A cette simple pensée, le cœur de Solveig se comprima pour devenir une masse lourde et inerte plongeant tel un caillou dans le fond de son estomac. Quelle cruche. Les phalanges de la danoise agrippèrent nerveusement son front, lissant ensuite en arrière, dans un geste tragique, ses mèches dorées alors que la jeune femme sentait sa gorge se nouer. Qu'allait-on faire d'elle ? Devenait-elle folle ? Les mains étrangement moites, l'adulte posa un genou sur son matelas et se laissa tomber dans ses couvertures et oreillers, lasse des sentiments qui lui étreignaient le corps. Pourquoi pensait-elle encore à lui ? N'existait-il pas d'autres êtres dignes de ses fantasmes nocturnes ? Pourquoi pensait-elle à LUI ! Ses yeux couleur océane se posèrent sur son plafond habillé de poutres brunies et asséchées par le temps. Elle ne les compta pas, ne les admira pas. Elle les regardait juste, comme pour se divertir, sans les voir vraiment, concentrée sur l'homme aux cheveux sombres et aux iris d'acier qui habitait à présent son cerveau et semblait s'étaler de tout son soûl aux quatre coins de sa boîte crânienne. Solveig laissa s'échapper un long soupir, comme pour reprendre sa respiration, et ferma les yeux. Ses lèvres, le couloir, sa paume sur sa joue, son cœur battant plus fort que le sien contre sa poitrine. Ses lèvres, ses yeux, ses doigts. Ses lèvres. Les paupières de Solveig s'ouvrirent brutalement, laissant la pupille briller d'intensité. En un mois, rien n'avait été franchi. Leurs mains s'étaient attardées sur la peau de l'autre se contentant de modestes caresses et baisers, s'interdisant la facilité d'une vulgaire partie de jambes en l'air entre deux heures de cours. Mais peut-être était-ce la cause de ses sentiments exacerbés, de son envie, de plus en plus grandissante à mesure qu'ils se cherchaient pour mieux se trouver. S'ils franchissaient le pas, tout reviendrait sûrement à la normale et elle oublierait alors avoir un jour voulu voir son être et son âme à jamais soumis à lui. Oui ! C'était une solution. Les yeux de l'ancienne mauve se posèrent alors sur son réveil : 23:37. Il dormait peut-être ? Tant pis, elle le réveillerait. Cela lui donnerait même une excuse supplémentaire pour le détester d'avantage. D'un geste souple, la danoise se redressa donc sur son lit et entreprit même de se lever lorsqu'une pensée vint l'arrêter dans son élan. « Et si ça empirait ? »...Tant pis. Elle prenait le risque. Les jambes nues se libérèrent des couvertures pour être bientôt couvertes par le bas du T-shirt rock'n'roll. Les pieds nus clopinèrent sur le marbre étrangement froids pour se diriger vers la porte. Après une seconde d'hésitation, la main tourna la poignée et le corps s'élança dans le couloir.

Heureusement pour elle, elle ne croisa personne. La plupart des professeurs devait être sortie s'imbiber d'alcool dans les tavernes du village. Sur ses gardes quand même, l'aînée des Andersen traversa le long couloir sombre rapidement, dans de petits pas furtifs, serrant des poings pour que personne ne la surprenne en pleine mission commando. Elle arriva finalement devant une porte qu'elle avait cru être la sienne après l'avoir vu la pousser fréquemment. Les phalanges recourbées sur la paume, la danoise se lança enfin, rejetant aussi vite qu'elle apparaissait l'hésitation qui commençait à la saisir. Elle toqua doucement, le bruit de ses doigts raisonnant faiblement contre la paroi boisée. Faites qu'il l'entende, elle n'avait pas envie de s'acharner contre la cloison et d'éveiller ainsi les soupçons de leurs collègues. Après quelques secondes sans rien entendre, la sorcière réitéra son acte, plus pressant et audible que la première fois. Toc, toc, t... . Son geste resta en suspens alors que la poignée s'abaissait pour dévoiler bientôt...Demyan Zawodzkai en serviette de bain, l'épiderme encore maculé d'une fine pellicule de rosée délicieusement parfumée. Par...Merlin. Et maintenant, qu'est-ce qu'elle faisait ? Qu'avait-elle prévu, d'ailleurs ? Elle ne se souvenait plus. Le cœur battant à tout rompre et les mains étrangement moites, Solveig se demandait s'il n'était pas préférable, plutôt, qu'elle fasse demi-tour et qu'elle se contente de cette unique vision pour la nuit. Pour sa défense, ce n'était pas ce qu'elle avait prévu en arrivant devant sa porte. Elle s'était imaginée un Demyan fatigué et sûrement énervé par un réveil inattendu. Ou un Demyan habillé, tout simplement. Elle avait l'impression d'avoir mis le pied dans une intimité qui n'était pas la sienne et qui lui en voudrait sûrement d'être ainsi pénétrée. Il allait la rejeter à coup sûr ou lui balancer au minois une remarque cynique habillée pour l'occasion d'un sourire en coin énervant de séduction. Ça y est, voilà qu'il entrouvrait la bouche et se préparait à lui lancer l'une de ses piques vénéneuses. « Chut. Ne dis rien ! » Sa voix était mi-autoritaire, mi-suppliante alors que l'index fin se précipitait sur les lèvres du legilimens pour s'y poser délicatement. Son palpitant battait fort et la sorcière ne savait plus. Elle était plongée dans ces deux morceaux de lagon dans lesquels elle coulait avec plaisir. Il ne semblait pas comprendre. Elle non plus. Alors, comme pour s'expliquer, pour justifier son acte, elle remplaça les phalanges par les lèvres, dévorant avec plaisir et lenteur cet oxygène trop longtemps éloigné. Les yeux clos, elle inspirait longuement, calmant ainsi la trop grande dose d'émotions qui l'habitait et s'appropriant du même coup l'odeur du sang-pur. De ses deux paumes, elle enserra le plus délicatement possible les deux extrémités de la mâchoire, balayant de ses doigts les quelques courtes mèches brunes qui se présentaient à eux. Ainsi prisonnier, l'embrassant toujours, elle le poussa à l'intérieur de ses appartements et finit par franchir à son tour le Rubicon de son palier sans y être invitée. Quel César faisait-elle à conquérir de la sorte un homme dont les sénateurs intérieurs devaient faire trembler la Curie interne du Zawodzkai de mécontentement ! Une fois à l'orée du lit, elle lâcha ses lèvres sans pour autant abandonner son visage. Dans la lumière tamisée d'une lampe de chevet, elle s'attarda sur les traits de ce faciès, fendu entre une part sombre et une éclairée. En son fort intérieur, elle se dit qu'elle le voulait lui, tout entier, malgré son insupportable nonchalance et son cynisme à deux mornilles. Lentement, alors, elle s'assit sur le lit, expira longuement, comme pour vider tout l'air qu'elle contenait et, les mains sur les cuisses, murmura, dans le dernier souffle qu'elle possédait. « Prends moi, Demyan ». Elle ponctua sa supplique d'un sourire enfantin et tragique, comme si le destin l'avait poussée sans qu'elle n'y put rien vers ce moment.

© Pando


Dernière édition par Solveig A. Andersen le Mer 24 Fév - 0:02, édité 1 fois
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Demyan V. Zawodzkai

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MessageSujet: Re: [Sodemy] No one knows what it's like you and me   Mar 23 Fév - 20:25

I get lost, all the time, in my thoughts, in my mind. You come through, like a light in the dark, by my side. If you let my soul out... It will come right back to you. No one sees, what it's like. You and me, you and I. Never go, never hide. You and me, you and I No one knows, what it's like, you and me, you and I. Underneath, the night sky. You and me, you and I.
Fabulation de l'essence humaine que le visage de l'autre enchantait, il présentait son faciès renfrogné aux flots qui le submergeaient. L'amour, cette douche chaude. Se tenant debout, il avait cru le vaincre et le maudire, ne faisant que le prier davantage à genoux de son propre désemparement. L'enveloppement des vapeurs attendries ne semblait que le lover un peu plus dans ce secret, se faisant écrin d'une réalité partagée. Il n'y avait là pourtant ni délire ni chimère, que ses cils soient réunis, laissant goutteler une eau qui ne semblait gêner qu'eux, que les pupilles se rouvrent sur le carrelage humecté de réflexion ou se retrouvent encore une fois pleinement sombrées dans leurs semblables, son esprit se complaisait de manière tortueuse et systématique à y projeter le bleu d’un ciel dont le brun ne réussissait à se détourner sans y percevoir le gage de la volupté des nuits, d'une empyrée en demi-teinte s'ouvrant sur le crépuscule de l'attente d'une allégresse inespérée, probablement jusque lors évanouie au fond des solitudes. Ces rayons d'or troublaient autant d'heures meurtries qu'elles ne pouvaient uniquement l'être loin de leur détentrice, autant que ses doigts masculins avaient semé des cadavres d'impurs ou de nicotine sur le chemin de leurs retrouvailles. A présent, le Mangemort ne tuait que sa petite personne au myocarde trop grand pour son torse de demeurer aussi rempli d'une affection qu'il ne pouvait, ne devait partager. Crevant lentement mais sûrement autant loin qu’auprès d’elle. Seul l'adolescence l'avait connu fier et brave, avant que le charme danois ne s'en fasse un esclave. Du sein il lui fut ôté pour en faire sienne. Peut-être était-ce là la raison pour le moins horriblement romantique pour laquelle tout un chacun le traitait de sans cœur. Pour disposer à nouveau de cet organe, il lui aurait fallu en quémander le retour à la seule dont il ne pouvait en faire la demande. Le jet sous le pommeau métallique avait cessé. Pas les pensées, coulant en bruine fine mais constante d'une tuyauterie demandant depuis longtemps à être revue. Sa poigne tira sèchement sur le rideau pour tomber sur le moelleux d'une serviette qu'il éprouva par quelques frottements contre sa tignasse d'encre, déstructurant sa coupe en un savant foutoir aussi désorganisé que recherché, avant que le même accessoire de bain n'entoure un fond de dos qui menait déjà son buste, après quelques pas indolents sur des rayons de tomettes en terre cuite, à se pencher au-dessus de la céramique d'un lavabo où se côtoyaient sur le même rebord, aussi dépareillés que complémentaires, cendrier et dentifrice mentholé. D’un balayement il dégagea la buée sur le miroir de sa salle de bain privative, se heurtant à nouveau à la brutalité d’un iris dédaigneux qui se détourna de son reflet que pour mieux tomber sur ses paumes appuyées aux bordures d’un lave-mains, y décelant à leur simple apparence, comme si elles étaient tâchées de l'hémoglobine de sa culpabilité, l’évocation de craintifs effleurements dérobés à la clarté du jour. Ses doigts, sur son corps. Ses phalanges se crispèrent un peu plus à la vasque, finissant par s'en dégager aussitôt les amenant à resserrer un peu plus le tissu éponge autour de sa taille, son bas-ventre noué d'envies qu'il convenait de ceinturer. Se tromper une fois était une chose, réitérer ces actions fautives ne tenait plus de l’erreur, que le sorcier s’agaça de constater devant la faiblesse manifestée depuis peu l'ayant poussé encore et toujours à retrouver l'étourdissement des étreintes avec l’objet de ses desirata, que seules les quelques bribes d’entendement restantes empêchaient de virer à l’abject. Pour autant que dignité il puisse rester à souhaiter aussi intensément se rapprocher à ce point d’un sang souillé. Quittant la pièce pour rejoindre celle de sa chambre, guidé par son intention le dirigeant inexorablement vers son lit, où le Zawodzkai cherchait à mettre fin à ces ruminations par un sommeil qui ne viendrait pas, son attention, à contrario, crut entendre l'annonce d'un dérangement certain. Ignorant cette requête tardive, le son d'un vieux bois heurté par des phalanges impudentes lui parvint pourtant une seconde fois, une troisième. A la quatrième, il entrebâilla tout d'abord futilement la porte d'entrée, et face au visiteur qui se tenait là dans ce couloir mal éclairé, uniquement vêtu de ce qui semblait être un haut de pyjama sans le bas, la chaînette du loquet se déverrouilla dans la foulée, permettant à l'accès de s'ouvrir un peu plus grand, à l’image de sa mâchoire. Qu'espérait l'enseignante à se présenter ainsi devant ses quartiers ? Une conversation sur l'oreiller ? Dormir à ses côtés ou même, avec lui ? Refermant sa lippe mais non le passage, le Legilimens vrilla son regard d’azur sur la créature vespérale qu’un t-shirt rock bien trop large déshabillait si bien. Sa matière informe ne faisait que tomber avec nonchalance autour de sa féminité. Interrompant un soliloque en devenir d’un doigt apposé, la douceur du timbre aimé éclata pourtant sa bulle introspective par la seule aiguille de sa présence susurrée au cœur de la pénombre, faisant songer aux préludes merveilleux murmurés par le soir à la beauté du jour à naître. Le sommant audacieusement de se taire : « Chut. Ne dis rien ! » Parler était-ce ruiner cette soirée ou même son lendemain ? Que risquait-il au fond à l’envoyer toquer trois paliers plus loin si ce n’était lui rappeler que l’ainé de la famille s’avérait plus judicieux à choisir pour des entrevues se menant à l’horizontale? La respiration constante contre cet index défiant malgré l'accélération indéniable de son palpitant, agité de se tenir là, immobile et indifférent à cet encadrement, ces perles bleutées rivées dans les siennes, les saccades acérées de cet organe si traitre à son propriétaire ne lui intimèrent que plus férocement de ne rien transparaître de ce début d’effervescence intérieure. Du moins, pouvait-il encore se targuer de disposer d’un semblant d’enfoutisme jusqu’au moment tragiquement fatidique où elle vint sceller leurs muqueuses d’un baiser décidé et désireux, l’entraînant littéralement au propre comme au figuré à reculons vers une proximité nouvelle.

Seul le silence pouvait de la sorte mettre en exergue l’empressement et la double cadence de leurs deux cœurs battants, en rien annihilés par la détermination sans crainte ni gêne de la chevelure flavescente dans laquelle ses phalanges avaient machinalement trouvé refuge, encadrant du creux de sa dextre l’ardeur nouvelle que ce visage lui imposait. D’abord ahuri, quasi abasourdi de pareille tournure des événements, ce ne fut qu’en fermant à son tour les yeux et la cloison boisée sur le déroulement à venir d’une même précipitation qu’il put frémir de ramener d’un appui ferme sur sa cambrure les hanches de la jeune femme contre les siennes, toujours protégées par une maigre séparation, ne tenant que par la peur, de textile douillet, seul rempart à la ferveur qui s’emparait de leurs êtres ainsi appuyés l’un à l’autre. Il se plaisait à la sentir contre lui au point où il en oubliait qu’elle chamboulait une énième fois ses convictions de puritain estimées si solides en pénétrant par la fougue sur un terrain pourtant déjà conquis. S’abreuvant à ses lèvres d’une ivresse tout juste naissante, il ne remarqua qu'en butant contre le lit qu'ils venaient de traverser l'ensemble des lieux sans pouvoir se détacher. Ne lui avait-il pas toujours été lié sans réussir à se l’avouer ? S’il pensait illusoirement la détester plus qu’il ne l’affectionnait, le sorcier n’avait encore guère conscience de l’ampleur d’un tout autre sentiment qu’il éprouvait à son égard. Lorsque les lippes s'échappèrent, sa gorge ne put réprimer un léger son de mécontentement, manquant de briser l'injonction première de rester coi et de rompre cette fragile et ostentatoire folie qui devait les mener à ravager ces draps sur lesquels le professeur d’Elixirs et Potions avait pris place, sagement assise, les cuisses rassemblées, drastique contraste avec la situation initiale et sa suite : « Prends-moi, Demyan », que l’incarnat de ses lèvres délivra de leur galbe recourbé d’espièglerie. QUOI ? PARDON ? Bon sang, comment pouvait-elle laisser échouer pareilles paroles alors que l’ukrainien n’avait strictement rien fait pour s’en voir gratifié ? Se mordant l’intérieur de la joue afin d’avorter une énième remarque qui lui traversait la cervelle, pour toute réponse il s’empara à nouveau de sa bouche, la renversant ainsi férocement sur le matelas, non sans avoir soutenu sa nuque, lui épargnant la brusquerie de cet élan incontrôlé, trahissant à la fois la puissance de son désir et les extrêmes égards qu'il lui portait. Délaissant son souffle afin de prendre son cou en otage de ses baisers que son envie parsemait à en perdre haleine sur un épiderme que Demyan espérait réceptif, ses doigts écartèrent l’encolure de son haut de sorte à échancrer un accès à son épaule dénudée qu’il contenta de délicates morsures tout en se surprenant brusquement, miasme de lucidité, à s’interroger de savoir si elle s’avérait seulement en mesure d’assumer près de quatre années d’abstinence vouées aux ténèbres que les ressentis qu’elle provoquait en lui venaient magnifier ? La blonde se rendait-elle compte qu’il chercherait en elle à atténuer les aspérités malsaines de son âme ? Qu’il ne s’agissait là plus de s’amuser d’une simple cigarette partagée mais qu’à le provoquer, aguichante au possible, le brun ne saurait en retour se contenter de mettre le feu à ses entrailles sans brûler de l’en apaiser ? Il devait savoir. C’en devenait viscéral. Son emprise relâcha le t-shirt devenu plus loose qu'auparavant, finissant par s’écarter brusquement de la source de ses émois, emportant son poids de son buste allongé toujours recouvert de l’effigie des Runaways qui paraissent le narguer de l’en retirer. La logique, le bon sens, n’importe quoi de foutu réaliste, de sensé, la morale-même, aurait dû l’en éloigner définitivement mais cela restait sans compter le manque d’afflux sanguin qui irriguait à présent son cerveau trop emporté pour avoir un quelconque raisonnement pertinent. De manière parfaitement imagée, le partisan du Lord ne pouvait s’empêcher de revenir vers elle à l’instar de la mer qui dans un mouvement perpétuel retournait continuellement embrasser les côtes et les plages de son écume, peu importait à dire vrai le nombre de fois où les vagues s’en voyaient rejetées. En position de prière à son chevet, il lui prit, grand impie, l’idée de louer le seul autel qu’il refusait jusqu’alors de flagorner, blasphémant au passage les dogmes et croyances que ses convictions étaient allées jusqu’à graver la chair de son avant-bras gauche de tracés mortifères. Des deux mains, il attira le bassin de l’ancienne violette vers l’extrémité du sommier, venant se placer entre ses genoux qu’il avait pris soin d’espacer. Si elle comptait sur lui afin de se comporter en écervelé en manque ou gros profiteur qui se serait satisfait de la retourner sans plus de cérémonie, la blondinette avait définitivement frappé au mauvais appartement et probablement qu’elle l’apprendrait à ses dépens. Soulevant le vêtement qu’elle portait jusqu’au nombril, il laissa échouer de ses lèvres gravées au creux de son ventre la promesse sans mot d’une suave et lente torture, car s’il ne devait avoir qu’une seule nuit à lui offrir, il voulait lui être un enfer de douceur. Evitant sciemment son intimité qu’une dentelle recherchée recouvrait encore de pudeur, il s’éloigna de son abdomen, déviant vers son aine gauche, y décelant une trajectoire parfaite à sa langue aventureuse tandis que ses phalanges traçaient déjà les contours séraphiques pour lesquels il se damnait à présent, pleinement consentant. Elles passaient et repassaient sur ses courbes comme si leur toucher ébauchait les esquisses d’une fresque frisant l’irréel, accentuant là un ovale, estompant ailleurs, presque imperceptiblement des arabesques sur sa peau. Glissant son menton où pointait une barbe légère, longeant doucement le dessus de son sous-vêtement, il promenait sur sa colline le bas de son visage où s’élargissait déjà un sourire taquin. Aussi imprévisible qu’espéré, il redescendit ses mains sur ses cuisses en caresses langoureuses et emprisonna délicatement le fruit craquant qui s’y nichait de la tendresse d’une litanie à peine débutée, s’y affairant quelque peu, muqueuses contre muqueuses suffisamment pour animer un trouble mais surtout une frustration qu’il lui voulait virulente avant de relâcher l’étoffe, n'ayant eu aucun contact direct. Si elle voulait de lui, la danoise pouvait bien lui arracher sa serviette par elle-même ou se déshabiller toute seule à la hâte, qu’il ne lui céderait pas avec facilité, car il exigeait plus qu’une innocente supplique de la pulpe de ses lèvres rosies afin de la satisfaire.

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Solveig A. Andersen

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MessageSujet: Re: [Sodemy] No one knows what it's like you and me   Mar 23 Fév - 20:26



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Sa respiration était haletante bien qu'elle essayât tant bien que mal de la réguler. Il se dressait là, face à elle et elle craignait de le voir s'éloigner comme il le faisait à chaque fois. Après tout, Zawodzkai n'appréciait pas les ordres et ne semblait pas se plier, d'autant plus, aux siens. Une chaleur dévorante s'appropriait son corps et faisait rougir légèrement ses joues déjà échauffées par leur baiser précédent. Qu'il vienne à elle, qu'il comble le vide qu'elle ressentait continuellement et vigoureusement lorsqu'il se dressait ainsi, austère, face à elle. Son attente fut heureusement de courte durée et déjà elle le voyait plonger sur elle, lèvres en avant, gourmandes à souhait. Une vague de satisfaction la submergea alors qu'elle se sentait déposée contre l'oreiller dans une douceur étonnante mais appréciable. Elle embrassait ses lippes avec ardeur, heureuse de redécouvrir les douceurs qu'étaient les siennes. Cela arrivait enfin, elles étaient réunies après que Solveig ait passé de longues heures à les imaginer depuis leur dernière entrevue. C'était la réconfortante récompense pour une attente des plus frustrantes. Il la dévorait de sa passion et elle se laissait faire, caressant du bout des doigts les mèches de cheveux corbeaux qui venaient à sa rencontre. Les yeux clos, la Danoise ne se concentra plus sur sa respiration et livra toute son attention à sa peau contre la sienne, à ses lèvres sur son épiderme qui descendaient doucement, comme roulent des perles sur les lames d'un parquet lisse. Elle caressait son visage, ses cheveux, son front, comme pour le diriger sur la complexité de son corps, sans pour autant lui interdire le moindre accès. Les lèvres entrouvertes laissaient s'échapper de légers soupirs passionnés et se pinçaient l'une l'autre lorsque le sorcier osait attraper doucement, du bout des dents, les lambeaux d'une peau brûlée sous le magma du volcan que devenait son corps. La passion montait contre ce buste dénudé et la jeune femme attendait, espérait presque, le moment où il se risquerait enfin à lui retirer ce T-shirt qui lui servait de pyjama. Un bref instant, elle se dit qu'elle aurait pu faire un effort, bien qu'elle détestait en faire. Elle aurait pu frapper en lingerie après avoir pris grand soin de cacher l'espièglerie sous un trench noir. Elle aurait pu être plus séduisante, adopter un sourire provocateur subtilement vêtu d'un rouge à lèvre carmin. Sa réflexion n'eut pas le temps de se poursuivre que déjà l'homme s'éloignait, emportant avec lui ses lippes et ses baisers. Un râle sourd accompagné d'un long soupir déçu et d'un bruit d'oreiller dans lequel la tête s'enfonce, frustrée, se firent entendre, doux murmures que seuls les amants pouvaient percevoir. Elle aurait du miser sur la lingerie, bouse qu'elle était !

Alors qu'elle restait là, bras en croix, à se contenter de la douceur de draps moelleux à défaut de disposer de son corps, elle releva doucement la tête de son linceul après s'être sentie attirée par des mains puissantes et...entreprenantes. Les paupières closes, elle apprécia tout, se concentrant sur les moindres attentions que Demyan pouvait lui prodiguer. Ses mains se perdaient sur son abdomen et elle se perdait dans ses draps. Ses lèvres coulaient de son bas ventre au creux de sa cuisse et ses phalanges coulaient jusqu'à sa tête pour se glisser à travers ses cheveux sombres. Ses doigts s'amusaient à peindre sur sa peau des caresses et les siens s'appropriaient les plis de soie, parfois brusquement, motivés par ce que le sorcier transformait sous ses baisers. La suite ne fut que plus étonnante et sensuelle alors que la tête de Solveig, accompagnée d'un long soupir, vint s'écraser sur l'oreiller. Elle pouvait sentir ses lippes et sa langue sur ses lèvres intimes, un peu plus flattées par le tissu qui les couvrait encore. Le temps qu'il prenait à ainsi la martyriser sembla durer de longues minutes pendant lesquelles elle espérait qu'il la possède enfin et qu'il s'en prenne alors à ses habits. Les jambes nerveuses, contractées par les allés et venus de ses doigts sur sa peau, s'arrêtèrent néanmoins de bouger, non pas à cause d'une puissante vague de plaisir, qui l'aurait totalement noyée, mais à cause de l'éloignement surprenant de ces lèvres qu'il semblait pourtant chérir. Elle aurait tellement du miser sur la lingerie sexy ! Après quelques instants durant lesquels elle reprit son souffle et calma l'énervement qui commençait à la saisir, Solveig, les yeux grands ouverts et les dents serrées se redressa sur le lit, remettant en place les pans de son t-shirt sur ses jambes qu'elle croisa, offensée, l'une sous l'autre. Quel était son problème ? Il ne voulait pas d'elle ? Il était d'accord pour l'amadouer mais s'ennuyait une fois qu'elle commençait enfin à prendre du plaisir ? Ou sinon, il se plaisait à la frustrer de la sorte. Les yeux de Solveig s'enfoncèrent, noirs, dans ceux de Demyan, troublant par la passion qui s'en dégageait encore. Qu'il arrête de la regarder ainsi, il se trahissait à chaque battement de cils ! Il en avait envie, elle le savait, elle le sentait, elle le voyait, alors pourquoi ne faisait-il plus rien ? Peut-être parce qu'il était lassé d'être entreprenant et de la combler d'affection alors qu'elle ne savait que recevoir. Peut-être parce que le corps de Demyan Zawodzkai se méritait et qu'elle n'avait pas encore eu l'audace et le courage de partir le conquérir ? Mais pouvait-elle se risquer à une telle expédition alors que son cœur semblait déjà battre pour elle ? Elle l'avait entendu après y avoir posé sa paume, et s'était sentie perdue de le voir si ardent. Peut-être se perdrait-elle à son tour si elle osait... ? Délicatement, les yeux fixant toujours leurs semblables, la Danoise attrapa les deux mains de l'enseignant dans un geste lent mais élégant et le força à ne plus ainsi s'agenouiller face à elle, refusant d'être la réincarnation d'un Saint-Jude féminin.

Après quelques instants à rester là, silencieux, elle lâcha enfin ses paumes sans lâcher ses pupilles et ses doigts hésitèrent avant de se poser sur la douceur de la serviette de bain qu'ils retirèrent d'un geste lent. Ses yeux se dégagèrent enfin des iris de l'enseignant pour descendre doucement du torse à l'abdomen et de l'abdomen au membre pudique qui commençait néanmoins déjà à s'éveiller. Comment devrait-elle le nommer ? Serait-il Popol le risible ou Ivan le Terrible ? Alors que ses doigts tenaient toujours les deux bouts de la serviette, Solveig eut un instant l'envie de connaître prestement le patronyme qu'elle lui imposerait mais ce fut sans compter sur son regard qui délaissa cet érotique tableau pour quelque chose de bien plus effrayant ; des traits d'encre apposés sur l'avant-bras gauche venaient d'attirer son attention. Les deux pans du drap de bain tombèrent sans qu'elle ne le remarquât. Ce symbole, elle le détestait plus que tout au monde et encore plus sur son bras. Il était la mort et la haine, le dégoût et la peur. Les mains de Solveig se rétractèrent et s'éloignèrent de ce corps qu'elles connaissaient finalement très peu et dont elle hésitait à présent d'y apposer ses propres marques. Ce pouvait-il qu'il soit affilié à ce genre de mouvement, qu'il ait tué auparavant, de sang-froid, glacial, des êtres impurs bien que dotés de pouvoirs merveilleux ? Ce pouvait-il qu'il déteste alors à ce point le sang souillé ? Son sang ? Et elle qui s'était collée à ce corps, qui l'avait humé et dont les rêves s'amusaient à en modeler la chaire, les muscles et les traits. Salie par cet immonde tatouage, Solveig avait envie de vomir. Il ne servirait à rien de gratter de ses ongles comme un rongeur apeuré la peau pour en enlever l'encre, le symbole était le reflet d'une âme pourrie par la haine et l'envie de faire souffrir, voire de tuer. Les yeux de Solveig ne purent se détacher de la marque. Ils avaient envie de pleurer en réponse à un cœur qui se soulevait pour se coincer dans sa gorge. Il battait fort, en plus, le bougre, étouffant presque sa propriétaire. Elle avait envie de le cracher sur le sol pour s'en délivrer. Quelques trentaines de secondes s'égrainèrent lentement pendant lesquelles elle hésita à reposer son regard sur le sien, confortable pour la passion qu'il dégageait encore. A contre coeur, l'organe n'ayant de toute façon plus d'avis à donner, les yeux de l'ensorceleuse s'accrochèrent aux iris incroyablement claires de Demyan Zawodzkai ; elle avait l'impression d'y discerner la fureur et le meurtre, deux choses qui lui étaient profondément inconcevables. Et pourtant, elles semblaient voir, vivre et ressentir grâce à elle. Elles étaient des vagues perturbées par une houle malveillante et que seule sa pupille, à elle, pouvait apaiser. Le défigurant de son incompréhension, Solveig finit néanmoins par se forcer à adoucir ces traits et, dans un silence presque sacré, s'éleva vers cet être dont elle découvrait l'âme incroyablement triste, les genoux gardant néanmoins leur appui sur le matelas. D'une douceur presque angélique, elle déposa sur sa lèvre inférieure un baiser expiateur, purifiant cette bouche qui avait du sourire à la vue d'un corps souffrant devant elle. Ne pas y penser. Le soigner par l'affection et la tendresse. Sur son arcade gauche, ses lèvres, sur sa pommette, ses lèvres et sur sa mâchoire, ses lèvres. Hésitante, ses muqueuses s'approprièrent enfin une nouvelle fois les siennes dans un baiser incroyablement langoureux et tendre, vierge de toute passion futile. La frustration et l'envie adolescentes s'étaient évaporées pour devenir tendresse et affection. Sa main droite frôla l'avant-bras gangrené, se risquant à le caresser enfin. Elle apaiserait son âme, elle se le promettait. Sa main lâcha finalement le membre mort pour en trouver un bien plus vivant qu'elle commença doucement à combler de plaisir. Ses lèvres étaient toujours accrochées aux siennes, ivres d'une passion qui la saisissait comme jamais auparavant et qui l'enveloppait dans un brasier douloureux car bien plus criminel que n'importe quel autre feu. Alors, elle s'y risqua, elle se perdit totalement à travers ses muqueuses, enveloppant son cou avec force, l'entraînant sur le sommier et mordant sensuellement cette bouche et les douceurs qui la composaient et qui l'avait auparavant comblée. La main toujours entreprenante, elle caressa dans une envie croissante le membre qui la posséderait bientôt.

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Demyan V. Zawodzkai

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MessageSujet: Re: [Sodemy] No one knows what it's like you and me   Mar 23 Fév - 20:26

I get lost, all the time, in my thoughts, in my mind. You come through, like a light in the dark, by my side. If you let my soul out... It will come right back to you. No one sees, what it's like. You and me, you and I. Never go, never hide. You and me, you and I No one knows, what it's like, you and me, you and I. Underneath, the night sky. You and me, you and I.
Vacillant sourdement vers l’abandon, seule la peur paraissait lui défendre de glisser le coton d’un bas sur des jambes nacrées. Portant ses agates sur le corps féminin soudainement privé de ses attentions qu'elles décoraient de bijoux d'admiration, trop brillantes pour ne pas y voir un trésor, leur détenteur distingua à la posture à présent renfermée de l'ondine responsable des oscillations de son esprit, le balbutiement farouche de la frustration. Perçue. Infligée. Subie. Il aurait pu s’égarer à cette épopée des vertiges, narrant d’une poésie charnelle une féminité exquise, si la réflexion, peu muselée de cette conversation physique muette, lèvres contre lèvres dans un murmure sensuel, ne s'était adonnée à d’autres litanies. Le sempiternel et increvable pareil couplet conditionné d’une psyché corrompue cherchant à endiguer les instants, les envies, l’instinct, le besoin de ressentir, de donner un sens aux craquelures d’un organe cristallisé, adamantine, depuis toujours fissuré, ne faisant qu'accentuer le prisme de sa complexité. Or, si la pureté, cabochon brut transmis avec la préciosité la plus recherchée, imposait à ses artères la cadence de la concupiscence, le cœur, lui, s’était fait réceptacle de l’angoisse d’une aspiration si limpide que le cérébral, pourri par les préceptes, ne pouvait que se faire violence de s’opposer aux flots grenats ayant jeté leurs premières vagues sous une peau dont il ne donnait plus cher. Après l’avoir dévisagé de ses attentes, la moire étonnante choisit finalement de l’écarter de sa position dévouée dans une douceur bien à elle, réparant là entre ses phalanges assurées le fil d’une destinée que les convictions obscures pensaient avoir déchiré d’une simple hésitation qui s’était exigée d’elle-même. Recueilli au creux de mains sauves de chaleur, le Zawodzkai voulut y mêler ses doigts pour s'y lier mais déjà leurs semblables reportèrent l'ambiance à la volupté, se hasardant, baladeuses hardies, Ariane astucieuse, à démêler les méandres de ce dédale où il se muait Minotaure. Il avait dégluti. Lourdement. Enfouissant une salive nerveuse dans un atroce silence. Elle s'était figée comme seule peut le faire une expression éblouissante devant l'incarnation mortifère. L'épouvante creusait ses perles bleues assombries, épinglant de leur horreur la surface interne d’un avant-bras, chair nécrosée, aura meurtrière, promesse d’une fin, allégeance d’un désespoir. Cherchant irrémédiablement à ne pas croiser le fer de la lame de ces iris qui ne l’auraient guère heurté à fleurets mouchetés tant la répugnance paraissait les avoir aiguisés, l’ukrainien ferma quelques secondes ses billes soudainement craintives sur cette scène devenue insupportable, ne manquant pas d'avoir remarqué dans le regard de la jolie la barbarie de cette confrontation avec la réalité venant menacer de son courroux le déversement d’embruns qui auraient ruisselé sur ses espoirs brisés. Il était devenu dégoût. Etre que les sens exècrent à raison. La répulsion ainsi miroitée emplit son propre palet de dégoût, forcé d’ingurgiter dans un gosier aride l’acidité d’un vin parfait par une haine empressée ayant personnellement contribué à sa distillation. Voilà qu’il se mourrait à nouveau d’une lente agonie de l’avoir approchée de trop près sans le pouvoir. Faisant courir entre chaque douleur assénée parmi ses côtes dans un muscle perforé de toutes parts l’oubli vertigineux et délectable de son fantasme, les cils, troublés d’avoir supporté le bagage de paupières alourdies par la peine, se séparèrent enfin, pensant retrouver une colère lui crachant son écœurement à une face dont la fierté des traits empêchait de perdre toute consistance, avant de chanter, psaume satisfait, le triomphe du bien sur le mal au sortir de son lit, laissant le serpent, symbolique du pêché, mordre sa propre queue de rage. Mais il n’en fut rien. Divinité clémente, elle s'était érigée vers lui, simple mortel attendant sur ses articulations brisées la sentence du bleu de ses cieux. Tandis que la danoise rachetait une faute qu’elle n’avait guère commise de ses lèvres venant disséminer sur ce visage trop serein de surprise le pardon suprême, Demyan avait faufilé sa droite sous le tissu du t-shirt de l’enseignante allant effleurer de tendresses des omoplates où il lui semblait percevoir, ployées à son dos, les frêles ailes d’un chérubin, impression confortée par la diaphane blondeur nimbée d’une auréole nouvelle qui le subjuguait. Eglantine rosie s’éprenant de sa bouche désertique de s’être languie de la sienne, la délicatesse s’empara de leur étreinte. Dans le clair-obscur de la pièce, un tressaillement l’empoignât à la cajolerie des extrémités de ses menottes sous laquelle paraissait blêmir la marque sordide et sinistre sur son bras gauche que la retenue, en raison de l'effroi précédent, n'avait déplacé. Il s'arrêta de bouger, foudroyé par l'olympe. Une expiration forte, puissante car prolongée se bloquant brusquement sur un buste contracté que l'ancienne Svarog lui extirpa délicieusement par une capture entreprenante et splendide, un soupir aphone demandant grâce de ne pas l’épargner, mourut contre des muqueuses que le legilimens malmenait d’affection. Il n’y avait jamais eu plus désirable que celle qui l’attirait à présent sur les draps et à défaut d’être en mesure de lui susurrer, incapable même de le bredouiller mais le pensant d’autant plus sensiblement, il le lui prouverait, révélant le sublime de sa beauté sous ses frôlements, épousant ses formes pour souligner leur splendeur. D’un zèle si sauvage et si plaisant à la fois, le brun s’assainissait en conséquence de sa noirceur putride au contact de son épiderme cristallin, là où le vêtement le lui permettait, s’offrant à la vérité de ses sentiments en les mettant à nu au travers de ses gestes et déplacements emprunts de ressentis.

Encerclant ce poignet qui l’entraînait pourtant, supplice inavouable, aimé à la fureur, lui ravissant les dernières craintes vers l’inévitable exaltation, il l’écarta précautionneusement sans offense de son intimité entretenue avec vigueur. Son autre prise agrippa le second plus prestement mais sans impétuosité afin de les aligner tous les deux au-dessus des mèches dorées baignant un oreiller de lumière. Qui devait-il blâmer d’avoir tant espéré que ces apparitions nullement fantasques se concrétisent un soir argentin ? Le bassin de la nymphe, chaloupe fascinante ancrée au triangle des Bermudes, se retrouva encadré par ses genoux enfoncés dans le matelas. Se plaçant à califourchon en maintenant ses poings éloignés, le sorcier les avait emprisonnés tout d’abord, profitant de cette emprise certaine pour emporter sa langue d’une frénésie nouvelle. Loin d'exiger quoi que ce soit, le ténébreux les avait délivrés peu après, en même temps que ses lippes célestes, sur lesquelles il retira une dernière fois dans un happement du bout de ses dents l'ambroisie divine, et ce, dans l’unique but de pouvoir se frayer un chemin à l’étoffe recouvrant encore sa poitrine menue qu’il libéra enfin sans plus de cérémonie, révélant ses formes somptueuses après l’avoir parcourue une dernière fois sur le textile, prenant le temps de ne rien précipiter. Jetant quelque part dans ses appartements l'habillement devenu superflu qu’en ayant supporté quasi valeureusement la griffure éprouvante de l’impatience lui lacérer le bas-ventre, il prit néanmoins quelques instants pour en apprécier la découverte comme si cela avait été la toute première, avant de cartographier dans une séduction maîtrisée le plus petit recoin stellaire de ses dévoreuses se faisant le plus embellissant possible, une moue cruellement réjouie fondit alors sur un bouton de sein près d’éclore qu’une fois qu’il sentit son buste de femme, amadoué d’une myriade de baisers, le quémander par des saccades plus rapprochées. Le deuxième bombé subit le même traitement de faveur, restant là à l'écoute de sa respiration et des réactions qu’il provoquait, il refusa de délaisser cette zone pour le moins érogène sans entendre quelques sons de contentement. Remontant de sorte à s’accouder non loin de son minois, avant-bras reposés auprès de ceux de la jeune femme qu’il caressa avec langueur. Ses iris profondément ancrés dans ses pupilles, il emprunta sa sénestre à la nixe, l’entourant de sa préhension pour la guider le long de son propre torse qu’il tenait tendu au-dessus du sien et contre lequel il l’apposa, sans déplacement au préambule, lui faisant simplement sentir l’emballement que ce rapprochement induisait chez lui. Le brun savoura ce contact, la laissant couler ensuite d’une lenteur calculée entre ses muscles, mais contre toute attente il la poussa à dévier de trajectoire au dernier moment, à la naissance de ses abdominaux. L’ayant probablement induite en erreur, le professeur de legilimancie la fit quitter son corps, contournant savamment sa virilité dressée. Au diable l’égoïsme, abaissant subséquemment sa paume tiède sur son ventre blanc afin de lui accorder l’attention méritée. La magnifique avait sa dévotion toute entière. Sans même avoir à l’exiger elle le dirigeait, sans le savoir de ses simples soupirs. En cela, il se fichait pas mal qu’elle puisse chercher à flatter son ego comme tantôt puisque de sa ferveur il retirait bien davantage à la combler en retour, attentif comme jamais au plus petit ravissement. Le cadet des Zawodzkai se recula quelque peu sur ses cuisses et l’amena de ce fait à poursuivre sous son sous-vêtement. La main toujours sur le dos de sa ressemblante alla à la rencontre de son coquillage de Vénus sur lequel son toucher fit simultanément clore les phalanges de la sorcière. Décrivant dans une harmonie commune des ondulations autour de la perle précieuse qu’il renfermait, il s’était repenché sur elle, réduisant la distance de leurs âmes, poussé par le besoin d’unir une énième fois leurs souffles emportés, ne pouvant s’en détacher qu’avec une complication croissante. Supportant de plus en plus difficilement l’attente, il abandonna sa captive en la reposant sagement près de sa hanche sur la soierie de sa parure de lit après l’avoir retirée doucement de sous la cotonnade et se recula de sa frimousse sans pour autant cesser de la scruter, l’amour fiché dans ses iris contemplatifs. Peu importait qu’il se trahisse aussi aisément si son myocarde capricieux lui intimait avec force de l’idolâtrer. Introduisant ses doigts, aventureuses extrémités, entre la lingerie et ses attributs callipyges qu’il empoigna à pleines mains sous une puissante impulsion presque animale tant elle le troublait, avant de se ressaisir, les relâchant pour leur préférer le dessous que Demyan lui ôta dans un soulagement certain, il ne déjà tenait plus. En tremblait presque. Débarrassé de cette ultime entrave, son genou espaça les jambes fuselées entre lesquelles il se plaça, non sans avoir au préalable attrapé un coussin venu se caler, confort et meilleur angle d’approche mais surtout de frottement, sous ses reins qu’il avait soulevé par sa taille de guêpe. A croire que malgré son attirance irrépressible le poussant irrémédiablement à s’emparer d’elle, il ne perdait pour autant guère de vue le bien-être et le plaisir avec lesquels il souhaitait la submerger. Son questionnement s’était assourdi, on ne pouvait plus déterminé à poursuivre jusqu’au bout l’irrémédiable spirale sans ses détours maudits mais le voulait elle aussi ? Recherchant la moindre hésitation, une once d'aversion décernée plus tôt, une poussière de désapprobation, un millième de doute, comme si son regard demandait la permission aphasique de l’aimer. N’y décelant rien de répulsif pas plus que d’interdit, toutes lèvres confondues en otages, il s’immisça en elles. Rien que pour lui à l’instar d’un tout premier amant. Douce à y mourir, d’une félicité partagée de la compléter enfin, il permit également à leurs phalanges entrelacées de se resserrer entre les draps, plus unies que jamais. Incapable de la lâcher des yeux, littéralement béat de l’onde qui venait de l’engloutir, sa cage thoracique allait imploser de bonheur tant l’enchevêtrement parfait de leurs corps ne pouvait relever d’un pur hasard. Imprégnant de premiers mouvements après un délai d'ajustement, il s’abandonna progressivement, glissant dans un abîme intime où son désir, non pas de lui faire l’amour mais de laisser cette émotion faire d’eux ce qu’il adviendrait, s’enfonçait jusqu’au cœur. Quitte à être perdu, autant se perdre en elle. S’oubliant lui-même, la Terre entière et tout ce qui ne tournait plus rond autour de cette sphère qui pouvait bien crever s’il était dans ses bras, le sang-pur déposa les dernières défenses qui s’écroulèrent pour ne voir qu’elle. « Solveig », il souffla rauque et perturbé, la prenant à son prénom toute entière, ses pupilles flamboyaient de l’intensité de sa sincérité. Il n’y avait toujours eu qu’elle.

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Solveig A. Andersen

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MessageSujet: Re: [Sodemy] No one knows what it's like you and me   Mar 23 Fév - 20:26



❝NO ONE KNOWS WHAT IT'S LIKE
YOU AND ME❞
SOLDEMYX
Dans cette chambre encore faiblement éclairée par une lampe de chevet voyeuse, les corps des deux amants s'emmêlaient élégamment, collés avec adoration l'un à l'autre. Il avait saisi sa main, l'avait déposée sur l'oreiller, la dépossédant ainsi du pouvoir, de la raison qu'elle croyait encore posséder. Il l'encadrait de tout son corps, titan splendide et effrayant qu'elle ne pouvait à présent plus nonchalamment balayer du regard. Ses agathes étaient plantées dans les siennes et tremblaient de peur et d'excitation en découvrant en de telles iris une passion plus dévorante que toutes celles qu'elle avait pu lire dans les myriades d'yeux qu'elle avait réussi à séduire. Qui était-il, bon sang ? Pourquoi son cœur s'acharnait-il ainsi contre ses côtes sous ses baisers ? Elle s'imaginait déjà l'arracher de sa poitrine pour ne plus en souffrir lorsque sa bouche, insupportable douceur, emporta ses lèvres et les amusantes idées qu'elle arrivait encore à inventer. Les yeux à présent clos, elle le laissait la posséder tout à fait, en otage consentante. Il était tellement vain de se battre lorsque les soldats qui lui servaient de neurones désertaient son cerveau. Il valait mieux se soumettre, accepter la douce punition que ses lèvres, ses doigts enroulés autour des siens et son buste contre son t-shirt lui infligeaient. Le martyr cessa finalement et la sorcière se rendit bientôt compte que la liberté avait un goût bien plus amer que son enfermement passé. A bout de souffle et peinée de constater qu'elle respirait malheureusement encore, elle ferma les paupières, satisfaite de sentir déjà sur son ventre les doigts chauds et rugueux du legilimens. Sans s'attarder d'avantage sur le textile contrairement à un débutant qui hésite avant d'observer enfin le corps d'une fille de son âge, Demyan la débarrassa finalement du t-shirt informe auquel la Danoise n'accorda pas même un regard. Ce qu'elle savait, c'est qu'un bref instant, un frisson avait fait frémir ses épaules et sa colonne vertébrale, très vite apaisé par les lèvres brûlantes de l'Ukrainien sur son épiderme. Elle aimait le voir ainsi l'habiller d'une tendresse mal contenue. Elle aimait cette barbe mal rasée qui caressait rudement les environs de son nombril. Et elle aimait, sans se l'avouer, cette moue absolument haïssable qui lui servait en de nombreuses occasions à cacher des émotions qu'il n'oserait un jour admettre. Un bref instant, elle retint sa respiration et ses doigts se trouvèrent une contenance dans le moelleux d'un oreiller. Les paupières fermées, elle se concentrait sur chacun de ses baisers, les adorant tous alors qu'ils conquéraient vaillamment le sommet de ses seins. Intrépide chevalier, pensa-t-elle, alors qu'il osait devenir le maître de ses soupirs et des vagues chaudes qui noyaient son corps et la forçaient à se mouvoir un peu plus sous lui. Bientôt, leurs visages se retrouvèrent et leurs mains s'entremêlèrent, celle de Solveig n'étant plus qu'une paume de pantin entre ses phalanges. Il l'invita étonnement à se reposer sur un torse qu'elle avait imaginé moins fort et musclé et sentit du bout des doigts le battement d'un cœur qu'elle n'aurait jamais deviné si violent. Il battait beaucoup trop vite et elle ne pouvait rêver que cela soit pour elle. Il craignait sûrement pour son statut de sang-pur, de mangemort ou elle ne savait quoi d'autre. Dans tous les cas, cela fit battre le sien-propre plus fort, le forçant à s'accorder au tempo imposé par le legilimens. Doucement, elle découvrit ensuite son corps, territoire escarpé et méconnu jusqu'alors dont elle n'avait frôlé que les muscles au travers d'une chemise. Il la guidait entre les lignes, ne les aventurant néanmoins pas trop loin, laissant la volupté de côté pour ce moment de tendre découverte. Court moment. Peut-être trop court. Déjà, leurs phalanges retrouvaient la volupté dans l'aventure qu'était son corps à elle. Diable, jamais ne la laisserait-il en paix ? Une longue inspiration accompagna leur périple bientôt parsemé de soupirs saccadés. Elle avait chaud, tout à coup, et elle rêvait de plus en plus ardemment que leurs préliminaires se terminent enfin. Douces espérances. Il se dressait de nouveau face à elle, les traits de son visage perdant leur cynisme habituel alors qu'elle accueillait, en une énième expiration, sa bouche aujourd'hui adorée. Dévorant ses lèvres et s'agitant doucement entre ses doigts, elle essayait de l'encourager silencieusement, impatiente qu'il la débarrasse enfin de la dentelle de son bas. Le legilimens s'exécuta, devinant sûrement ses honteux désirs.

Et voilà qu'ils se retrouvaient là, de nouveau face à face, nus comme des vers mais dénués de tout sentiment de pudeur. Elle le trouvait beau ainsi, dans son plus simple appareil, dénudé de sarcasme, de longs manteaux imposants, de nonchalance et de bottes parfois militaires, signes de son appartenance ancienne au cursus d'unité spéciale. Elle le trouvait beau à la désirer de la sorte, à la vouloir de la plus modeste des façons, sans jamais rien chercher à lui imposer vraiment. Elle le trouvait beau, enfin, émotif et peut-être amoureux. Amoureux, Demyan Zawodzkai... Elle n'était qu'une sang-mêlée et un mangemort ne pourrait s'abaisser à l'aimer, aussi belle était-elle encore. Et pourtant, avant qu'il ne la possède totalement, elle avait repoussé une de ses mèches noires encore un peu humide de son front et dégagé ainsi l'entièreté de son regard ; elle y avait vu une forme de supplique, de soumission totale, d'abandon et d'adoration comme peu de divinités en reçoivent. Il était nu, totalement nu, magnifiquement nu et elle se donnait à lui, corps et cœur soufflés du bout des lèvres.
Ses yeux étaient accrochés aux siens, fixant chacune de ses expressions alors qu'il faisait d'elle tout ce qu'il désirait. Ses mains maltraitaient les siennes pendant qu'il devenait l'instigateur du moindre de ses soupirs, supportant de plus en plus difficilement l'agréable chaleur qui s'emparait de leurs corps. Elle ne dit cependant rien, ne ferma pas les yeux, se concentra sur ses iris pour les affronter, pour lui montrer qu'elle était forte, aussi forte que lui. Elle voulait être la femme qu'il aurait pu craindre et que le sang impur ne salissait pas de lâcheté. Elle voulait être digne de lui, lui prouver qu'elle était une fille aussi noble que toutes celles qu'il avait chéries, au grand jour, du regard. L'oeil dur et fier, elle retenait sa respiration, empêchant ainsi quelques soupirs juvéniles de se frayer un chemin jusqu'à ses lèvres, les traits tirés en une moue presque douloureuse de ne pouvoir ainsi s'abandonner complètement. Et puis, le monde s'écroula pour ne laisser que ce lit, Arche splendide sur lequel survivaient ces deux corps de races pourtant différentes. « Solveig » qu'il avait soufflé du plus profond de son être, écho grave et irréel. La pupille de la Danoise vrilla de stupeur alors que ses ongles s'enfonçaient dans le dos de sa main. Le soupir si longtemps retenu outrepassa l'interdiction de ses lèvres, réponse informulée et incohérente. Depuis quand connaissait-il son prénom ? Depuis quand le pratiquait-il ? Pourquoi osait-il faire vivre ces deux syllabes d'ordinaire étrangères à ses lèvres ? Jamais il ne l'avait ainsi nommée et avait toujours préféré employer son nom de famille sur un ton des plus moqueurs. Mais là, il n'y avait nulle trace de mesquinerie alors que les yeux de l'Ukrainien se baignaient d'une honnêteté troublante. Plus rien ne compta alors. La-dite Solveig, les mains tremblantes d'une émotion qu'elle peinait à cacher, attrapa son cou des deux paumes pour l'attirer à elle et, entre deux souffles de plus en plus assassins, accompagna leur acte d'amour de la valse passionnée de leurs bouches.

Elle ne libéra sa langue qu'une fois mais souffrit de lui rendre aussi facilement sa liberté. Le souffle court, ses mains et ses jambes entreprirent de les faire basculer tous deux, ce qu'elles parvinrent maladroitement à réussir. L'enseignante, après quelques instants d'adaptation, se dressait ainsi, sans fierté aucune, alors que de grandes mèches blondes barraient son regard. Nouvelle maîtresse de leur amour, elle n'en tira aucun plaisir à être à ce point éloignée de son visage. Elle avait bien sûr son buste, puissant et viril, dont elle pouvait parcourir librement l'épiderme en s'y accrochant parfois passionnément. Elle avait aussi ses mains, auxquelles elle s'amarrait brièvement, emportée par des vagues sensorielles violentes. Et elle l'avait lui, ou plutôt eux, en un corps réuni, fous brûlants d'imaginer une future séparation. Sa respiration était déjà irrégulière lorsque la divine fiévreuse entreprit de plonger à nouveau sur ses lèvres. Loin de l'asphyxier, les ardentes du legilimens l'apaisèrent, brûlèrent doucement sa bouche dans un bain-marie nuptial et sacré. Elle voulait être à lui, infiniment et indéfiniment, menue enfant dans ses bras d'homme. Elle voulait lui appartenir, n'apparaître qu'entre ses lèvres alors qu'il balancerait nonchalamment un « Andersen » lassé. A bien y réfléchir, elle était sienne, depuis leur baiser près du tableau, depuis sa main sur son épaule et depuis son torse contre sa poitrine. La gamine intrépide et volage avait finalement déposé ses malles devant sa porte et attendait à présent suppliante qu'il la laisse se blottir contre le feu de son cœur. La tête de l'enseignante se redressa, emportant au passage les lèvres du bien-aimé, les forçant tous deux à s'asseoir sur le lit défait. Elle ne lui échappa pas. Jamais. A la place, elle le maintint de toute sa passion dans ses bras menus, les deux se réunissant autour de la nuque pour se séparer ensuite, l'un empruntant le sentier du dos et l'autre celui de la tignasse brune ô combien malmenée. Sa bouche abandonna enfin ses lèvres pour se réfugier dans son cou, expirant sur son épiderme toute la volupté qu'il lui infligeait dans le bas du ventre. Elle le serrait fort, peut-être trop, mais elle ne s'en inquiétait plus. Il avait les épaules assez larges, de toute façon, pour supporter la douleur qu'elle pouvait lui infliger. Elle en était persuadée. Il était assez puissant pour eux deux, pensa-t-elle, alors qu'elle le suppliait de protéger le peu de chose qu'elle était à présent. Une petite fille. Une petite chose. La plus infime des particules qui grossissait sous ses baisers et crevait tel un ballon de baudruche loin de son être. « Ne me lâche pas, Demyan » Son corps cramait sous une puissante flamme qui lui arracha un soupir plus fort que les autres. Elle se réfugia un peu plus dans le creux de son cou, toutes prises contractées sur ses cheveux et sa peau. « Jamais » Ordonna-t-elle dans un murmure silencieux destiné à elle seul, les lèvres collées près de sa jugulaire.

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Demyan V. Zawodzkai

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MessageSujet: Re: [Sodemy] No one knows what it's like you and me   Mar 23 Fév - 20:27

I get lost, all the time, in my thoughts, in my mind. You come through, like a light in the dark, by my side. If you let my soul out... It will come right back to you. No one sees, what it's like. You and me, you and I. Never go, never hide. You and me, you and I No one knows, what it's like, you and me, you and I. Underneath, the night sky. You and me, you and I.
Son prénom, ravissement de l’empyrée, dénomination éthérée, se perdait en murmure, en apocalypse déclenchée par le chaos de ses émotions, s'offrant comme une litanie plaintive. Il ne savait la tolérer aussi proche, trop près de la vérité. Devenues boîte de Pandore, ses muqueuses en avaient déjà trop dit et à la fois pas assez en s'ouvrant sur la perdition de l'homme. Au bord du rivage qui se résumait à ses jambes, ses idéaux s'étaient échoués, emportés par la houle modulant l'envie, nimbés de l'écume d'espérances inavouables. Les convictions bafouées, l'endoctrinement noyé par l'idolâtrie de s'être trahi pour elle. Voilà qu'il adorait une toute autre déité, rendant apocryphe les fondements-même de la pureté. Hérétique qui changeait de religion. Un gémissement féminin pour toute réponse, onde délicieuse pour son ouïe réceptive, une vague douloureuse vint apposer ses griffes, le saisir entre ses pattes sans lui permettre de souffrir, le ramenant, en partie, tous ongles plantés, à une réalité qu'il avait quitté sans le laisser imaginer le pire. Pourquoi ne s'était-il pas tout simplement tût ? Observant ainsi l'injonction première. Pouvait-il blâmer les ressacs de ses rejets de l'évidence se contenant de revenir frapper le large de l'impétuosité de leur charge ou bien encore son caractère d’éternel rebelle, qui poussait l'ukrainien à ne jamais rien respecter, pas même son propre esprit lorsqu'il la tenait, là, entre ses phalanges douloureuses de la sentir y aspirer autant en retour ? Perçant toutes les défenses instaurées, détruisant l'empire de solitude qu'il s'était bâti à pierres d'orgueil, bâtisse austère aux fenêtres grillagées, il avait suffi qu'elle vienne frapper à la porte de ce château-fort pour passer d'invitée d'honneur à souveraine où son manque était roi. Doucement, lentement, la guidant à lui, il s'immisçait un peu plus. Leur union ne relevant plus d'une simple étreinte, elle se muait en aveu silencieux, parlant de besoin. Une promesse sans brusquerie et pourtant si imposante de prendre ce que son corps gracile lui permettrait, sans pour autant le voler, en l'apprivoisant sans empressement, allant s'imprimer dans le creux du diaphane de sa peau. Le muscle cardiaque en vrac, ses prunelles emplies de paradis, rivées dans leurs semblables ne cessaient de l'aimer, songeuses dans l'azure de ses billes pour lui rappeler que de son cœur au sien, il n'y avait qu'un pas qu'il venait de combler. Le désir hurlait à l’oppression en elle, se cambrant à l'instar d'un pur-sang dont il retenait encore la bride. Cette torture recherchée ne faisant toutefois que commencer, se plaisant à le ravir ainsi, à le dérober à l'entendement. Pourvu que la muse sombre avec le poète. Elle se déliait malheureusement déjà de ses paumes, ne tombe pas, pas sans moi pour mieux se rattraper à sa nuque, les lèvres s'accrochant, exquisément, l'embrassant à en perdre haleine, la sentant lui répondre, s'emporter à son tour. De sa propre bouche à la sienne s'imposait un combat de tendresse brutale glissant sûrement vers le plus passionnel des échanges. Le goût de sa langue s'attardait autant que sa convoitise refoulée ressurgissait dans sa salive, se donnant sans mesure, avec démesure. Qu'elle prenne tout, jusqu'à la moindre parcelle de son être, qu'il ne demeure plus rien de lui, peut-être encore ne subsisterait-il que son âme noircie qu'il se garderait bien de lui fournir. Ou qu’il en crève. Il ne lui resterait après tout plus qu’à mourir dans ses bras, de les avoir côtoyés ou de s’en trouver arraché. Personne ne l’avait prévenu de ce qui l’attendrait de céder à ce qu’il rejetait, repoussait, aussi fortement que son myocarde s’en éprenait de s’en voir privé. Comment aurait-il pu savoir, lui, qui cherchait à combler ailleurs ce qui ne pouvait l’être que par elle seule ? A dire vrai, Demyan ne savait dire si ce qu'il cherchait à transmettre était de trop ou tout juste suffisant, puisqu'il n'aurait pas assez de cette nuit, du petit jour et d'heures qui suivraient pour l'aimer. Le temps semblait manquer, cruel, incapable de rattraper celui qui s'était perdu jusque lors. Un soupir et ses lippes le quittaient pour une respiration brisée, sifflante, dérangeante. Pris de court, le brun n'eut pas la possibilité d’anticiper le basculement, trop occupé à savourer cette intimité nouvelle, que ses reins s'inscrivaient, vertige exquis, dans le froissement des draps pour leur préférer l'appui du matelas. Un court instant, béat de cette inattendue vision et de cette soudaine et plus que plaisante initiative, il suspendit ses gestes aux ailes de celle qui s'érigeait à présent, impériale, au-dessus de lui. Avait-elle ne serait-ce que conscience de la chute vertigineuse qu'elle lui faisait endurer, le sommier à peine capable d'en retenir la décadence ? Ses doigts libres s'en allèrent vénérer son dos de tout son long afin de s'ancrer, une fois leur affection dispensée, à son bassin qu'il retint quelques secondes, juste pour l'admirer un peu, beaucoup, immobile de beauté, il se muait trône de sa majesté, simple plébéien de sa splendeur. Accompagnant finalement la naissance de son mouvement, il lui permit de prendre quelque peu de la hauteur avant de plaquer ses hanches aux siennes en la pressentant redescendre. Le legilimens l’amenant alors à sentir, à partager, subir ce qu'il vivait depuis toujours, enfin extrapolé, sublimé par sa réalisation, sa concrétisation, avec une intensité difficile à contenir, les poussant à décrire sans rudesse toute l'affection que la danoise lui inspirait. Concupiscence et tendresse se faisant la cour. Douce maîtresse, elle devenait son tout dans cette fissure temporelle volée au désir et à la raison, sa sensibilité guidant la danse langoureuse de leurs existences devenues communes. Les résistances s'envolaient sous son air séraphique, la courbe de son regard à l'orée de son organe vital en traçait le pourtour. Etourdissement, tournis, seule sa colonne vertébrale enfoncée entre la literie le raccrochait à son appartenance terrestre. Assoiffé d’éternel, d'infini, d’impossible, il s'abreuvait à ses lèvres retrouvées, un hymne de magie et d’émerveillement coincé dans le larynx, reflet naïf de ses ressentis, écho puéril, faible mais si désireux de s'élever vers sa divinité. Par Veles que l'ancien élève de ce camp n'était qu'un simple mortel face à l'immortalité de ce qu’il éprouvait à son égard.

En approfondissant le baiser, coquelicot sauvage empourpré aux vents de leurs emportements d'une part, et entre tige et pétales délicates, corolle superbe entourant un même calice de l'autre, un constat s'imposait, guidant son penchant jusqu'au sien. Elle allait comprendre, le devait peut-être, si les mots ne pouvaient s'échapper autrement que par des grognements retenus dans une bouche amoureuse, heureuse, les gestes eux, parlaient, criaient, hurlaient à en faire trembler les muscles en lieu et place des lettres. L'entourant de ses bras en attente d'absolution, pour ne pas trouver une fin similaire à ceux qui avaient dédié leurs jours à des utopies qui ne leur appartenaient pas ou plus, l'enseignant la maintenait avec force contre son buste aux soulèvements erratiques, comme si son épiderme cherchait à se fusionner à son semblable plus lisse et désirable afin de lui être encore plus proche, si tant était que cela aurait encore été possible. L'emportant subitement avec elle, la somptueuse, le souffle coupé d'en capturer son autre, le convia sans paroles à se relever sur son séant. Un spasme plus puissant s'égara lorsque ses menottes fragiles l'enfermèrent un peu plus, pressant de leurs fines phalanges le besoin d'être entourée, maintenue, contenue. Aimée ? Ou était-ce tout l'inverse ? Les doigts perdus dans ses mèches d'or glissaient sur le sable d'une plage idyllique les syllabes aussi cérémonieuses que délatrices prononcées tantôt alors que leurs identiques coulaient dans sa tignasse d'ébène et longeaient son échine qui peinait à ne pas se courber sous le ravissement de cette étreinte resserrée qui se délia, juste un peu, mais déjà de trop, par nécessité d'oxygène. « Ne me lâche pas, Demyan », qu’elle l’implora. Le timbre avait susurré, adjuré. Même sans ses ongles agrippés à ses mèches et à ses pores, elle le détenait. Il n’était rien qu’à elle. L’avait toujours été. Prend par pitié… Mais était-elle à lui ? « Je t... », sa bouche dérapa, la fin s’étrangla, son cœur se pendit raccroché au fil de sa voix. Non non non… La respiration saccadée cachait si mal l'indicible, secret si lourd à porter, encore davantage à dire. Cette inquiétude sourde et lancinante réapparut, brutale, l'angoisse cruelle lui faisant tourner la tête, valser, flirter avec le vide afin de le séduire. Frémissant, l’ukrainien s'accrocha à elle, seul point de repère, d’attache, un peu plus, un peu trop. Les commissures toujours entre-ouvertes rien ne sortit, rien n’osait s’extraire, se faufiler de peur de ne trouver place. Cessant de se mouvoir, il admit enfin dans un silence lourd de conséquences. A lui-même. Il l’aimait. Les poumons emplis d’air, ses paumes l’écrasèrent un peu plus contre sa poitrine douloureuse. Il l’aimait, merde. Il s’était promis. Il s’était juré. Il n’avait pas le droit. La panique de ne pas comprendre mais de savoir s'écrasa, fracassée sous son bonheur insupportable, assourdie par l’entente de son soupir libérateur. « Jamais », une supplication gravée à même son col. Il allait décéder là, détraqué par l’envie, la vie et les sentiments. « …te tiens », crut-il bon de corriger. Palabres, substitution, mauvaise réplique, tragi-comédie où la plume, scénariste de pacotille, avait choisi de rayer le dialogue. Un absolu pour une banalité. Le Mangemort ne venait-il pas de saborder l’occasion, d’offenser les dieux alors qu’il foulait l’Eden ? Il la délogea de son cou sans soudaineté, probablement avec une maladresse aussi adolescente que le commencement de ses éprouvés, scrutant dans ses iris céruléen la suite de ses propres dires, n’osant pas y chercher une quelconque confirmation, présage funeste de leur perdition. L’effroi redoutable rebondît dans son estomac noué, le bas-ventre lacéré de satisfaction, de cette confession avortée il n’obtenu que la récidive plus virulente de certitude. Récupérant ses poignets pour les abaisser sur leur couche, la penchant en arrière, le ténébreux créa de son corps somptueusement svelte un pont sublime, une voûte intermédiaire entre l’enfer de sa retenue et le vœu possiblement libérateur des cieux. Sans faillir à son engagement tacite de ne pas l’abandonner, il délaissa ses articulations pour la soutenir à nouveau, la recueillant de ses membres supérieurs, penché sur elle comme au-dessus d’un abysse éburnéen. Sans se laisser une chance, sans lui mentir, sa barbe se frotta à la vallée de ses seins d'ivoire et d’incarnat attendri qu’il vint dévaler et chérir, traçant de vermillon l'emprunte de son exaltation, aux pointes se balançait, aux vallons se reposa. Le Zawodzkai la savourait, famélique de son buste à l’oblique remontant toujours plus haut, s’inscrivant sur elle, en elle, en se donnant à en faire tanguer son monde tout entier pour trouver refuge sous son oreille, terre d'asile que ses lèvres frissonnantes effleurèrent de leur extrémité, expirant son assouvissement, un sourire se camouflant dans sa nuque découverte, un bien-être supérieur, irréel, étiré de joue en joue. Il ne lui fallut pas plus pour aspirer à davantage, à se laisser aller à y croire. De la chaleur sensuelle de sa langue qui s'égara sur le galbe de ses muqueuses, ses mains sur sa taille, il sombra, l’emportant avec lui sur le lit. Entre ses plis rosis, une dryade timide le quitta, grisé par le sentiment, il déposa son plus précieux bijou dans son écrin, dans le creux de sa bouche il avoua tout, un je t’aime s’étouffant contre son palet, drôle d’écho s’émoussant dans leurs gorges reliées, Confiteor troublé de sincérité où se mêla un gémissement puissamment exutoire, rendant la déclaration confuse, incertaine, manquant dans la foulée de le faire tout lâcher, la femme de sa vie, ses lippes, son corps et le plaisir qu’elle lui procurait, achevé, mais il se retint cette fois-ci, se raccrochant in extremis à ses fluettes épaules, l’attirant de sa poigne ferme et déterminée à l’accompagner, s’empêchant de manquer à sa demande. Pas question, pas maintenant, pas sans elle. Souffrant presque de l’intensité, le slave reprit de plus belle ce qu’il s’était juré avec la solennité des plus purs serments, l’entraîner à leur fin que l’ego exigeait conjointe, à deux, ensemble, sinon rien. N'était-ce pas ce qu'ils étaient à présent ?

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Solveig A. Andersen

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MessageSujet: Re: [Sodemy] No one knows what it's like you and me   Mar 23 Fév - 20:27



❝NO ONE KNOWS WHAT IT'S LIKE
YOU AND ME❞
SOLDEMYX
La sentence avait été sans appel, un coup de marteau violent contre sa gorge, une condamnation injustifiée qu'elle lui infligeait en juge lunatique et capricieux. Elle se l'appropriait jalousement, refusant à son esprit de s'en défaire pour préférer d'autres formes que les siennes. Si elle cédait aux émotions, à la fragilité qu'il lui imposait et à la dépendance qui collait fort mal à son caractère, il se devait de sombrer avec elle. Que serait-elle sinon, abandonnée de tous et surtout de lui, corps indolore car brûlant encore de leurs vices passés ? Elle se devait de l'avoir car elle était déjà sienne et qu'elle crèverait sûrement de le voir un jour la congédier, las de ses caprices. « Je t... » Leur danse ne cessa pas. Elle s'étira plutôt pour devenir infinie alors que Solveig froissait les paupières et plissait de ses doigts la peau moite de son dos. Dis-le, dis-le ! Soufflait sans mot son corps au sien alors que son cœur, oiseau paniqué, tentait tant bien que mal de trouver la sortie de sa cage d'os et de chaire. Lui dire quoi, d'ailleurs, ils ne s'étaient rien promis à ce qu'elle savait ? Ils étaient deux électrons encore libres qui papillonnaient de-ci de-là sans avoir déjà de compte à rendre. Ils n'étaient ni mariés, ni fiancés, ni fixés. Ils ne s'étaient même rien admis, réfutant leur attachement comme d'autres réfuteraient l'existence d'un dieu. Et pourtant, inconsciemment, tragiquement, quelque chose faisait que leurs corps se mariaient à la perfection malgré leurs atomes non crochus. C'est pourquoi elle s'attacha à ce simple constat, les doigts presque engourdis de le serrer si fort contre elle. Quel ne fut pas son soulagement lorsqu'elle sentit ses mains d'homme en faire autant, à l'asphyxier contre son torse pour l'en étourdir ! Quelle agréable souffrance endurait elle dans ses bras, incapable de retrouver un respiration convenable alors que le plaisir se faisait de plus en plus ressentir pour lui arracher des soupirs essoufflés ! « …te tiens » Sa gorge se noua et ses pupilles s'agrandirent. Une promesse, de lui ? Trois mots qu'elle savait bien pâles face aux émotions qui semblaient vibrer comme des cordes de guitare saturée. Trois mots qu'elle n'écouta pas, bien trop attentives aux déclaration que lui faisait son corps. Tout son être se crispa et c'est avec hésitation qu'elle laissa à Demyan la possibilité de déloger son visage de son épiderme. Ouvrir les yeux et affronter cet homme qui se donnait corps et âme à elle, autant de choses qu'elle n'était pas en mesure d'accomplir. Pourquoi avait-elle peur, tout à coup, de supporter ces deux perles de saphir plus brillantes dans cette quasi obscurité que si elles avaient étincelaient au soleil ? Elle allait se brûler face à ces astres, s'écraser comme Icare en pleine mer. Qu'importe, juste une fois, elle voulait se sentir invincible et goûter à...ça. Avec lenteur, elle s'autorisa donc à ouvrir les paupières et son cœur vrilla à l'en faire mal. Sa bouche était entrouverte, incapable d'emporter ses lèvres, et ses yeux pleuraient silencieusement en déposant, émus, des larmes imaginaires sur ses joues. Si elle avait cru étouffer auparavant, ce n'était rien comparé à la noyade forcée qu'elle endurait actuellement. Incroyablement docile, elle le laissa la manipuler, ne craignant plus rien de lui. Il avait saisi ses poings, l'avait éloignée de son corps pour la sacrifier aux divinités qui devaient résider dans les poutres du plafond et l'avait abandonnée, une seconde à peine, créature frissonnante de chaleur. Puis, il se l'était appropriée, dévorant ses seins comme l'Aigle de Caucase qu'il était. Ses membres tremblaient face à l'intensité de ses ressentis alors que ses soupirs s'évaporaient, douloureux, d'une bouche laissée trop longtemps à l'abandon. Elle expirait de le sentir contre elle, satisfaite en un sens de devenir son essentiel, alors qu'il laissait sa barbe se frotter à son buste pour se reposer enfin à son cou. Les yeux clos, elle reposa sa tête contre ses mèches noires, heureuse d'elle ne savait quoi, un sourire tendre aux lèvres. Lui faisait-il confiance à cet instant ? Se sentait-il...bien ? Elle n'eut pas le temps de connaître sa réponse que déjà il l'entraînait sur le sommier, la délivrant de sa position inconfortable et de l'autel de ses mains.

Ses lèvres, de nouveau, happèrent les siennes et elle le laissa conquérir sa bouche sans retenue alors qu'elle savourait la sensualité de sa langue. Prends, tout ceci t'appartient. Elle ne bougeait pas, ou en tout cas pas sans lui, obéissant à chacune de ses envies, au moindre de ses gestes. Ses mains étaient ancrées dans le bas de son dos alors qu'elle s'attardait sur son épiderme avec la douceur de l'onde marine. Elle s'autorisait enfin à l'apprécier, se dégageant de sa crainte habituelle et du concours forcé de celui possédant la plus grande fierté. Elle n'en avait plus aucune pour sa part et, si elle interprétait correctement, il en était également démuni. Il ne restait plus que la satisfaction d'être enfin réunis, la tendresse d'une étreinte et l'heureux sentiment de se sentir enfin complets à deux. Dans sa bouche, elle n'entendit rien, si ce n'est un écho incertain contre son palet et un long et libérateur soupir de plaisir. Néanmoins, mécaniquement, sa poigne se resserra contre ses reins, l'encourageant sans mots à en abuser d'avantage, le pressant de l'envoler alors que sa respiration se faisait de plus en plus instable. Qu'il prenne, qu'il l'élève aux cieux, qu'il la transporte pour la couronner de sa passion ! Des mèches blondes barraient ses billes, humides et défaits, billes d'acier qui ne se lassaient pas de le dévisager. Une main se détacha de son dos pour se poser tendrement sur ses traits, retraçant les contours de sa mâchoire serrée, le bord de ses yeux qu'elle imaginait éternellement fatigués par le manque de sommeil et le léger rebondi de sa joue alors que l'autre le pressait toujours plus à son bas ventre, l'entraînant sa propre perte. La chaleur embuait sa peau tandis qu'elle se concentrait sur ses poumons qui la forçaient à inspirer de plus en plus lourdement à s'en éclater le thorax. Elle ne le lâchait pas des yeux, s'amarrant aux siens à en faire son seul port, les trouvant doux malgré l'acier tranchant de leur lame. Murmures étouffés. Paupières qui se ferment brutalement pour finalement s'écarquiller et retrouver ses billes. Gestes hésitants et mains errantes, dénuées de contrôle et de sensualité. Cuisses resserrées contre ses hanches, douloureuses, ankylosées sûrement d'être restées trop longtemps étouffées contre son poids. « Pourquoi tu m'as laissée entrer, au fait ? » Bavardage bien inutile alors qu'un sourire malicieux se frayait un chemin sur sa frimousse. Comment trouvait-elle encore la force de parler alors qu'elle n'était plus qu'un halo de lumière existant entre ses doigts comme les ronds de cigarettes entre ses lèvres ? Ce n'était qu'un pied à terre rassurant mais vain auquel elle ne se raccrochait même plus. L'insolence de l'orgueil, masque en carton de la femme qu'elle avait toujours été mais qu'elle n'était plus dans ce lit. Son regard malicieux fut obscurcit par une grimace qu'elle cacha rapidement pas un sourire fragile, les yeux néanmoins toujours clos. Bientôt. Bientôt. Elle sentait cette chaleur mi-agréable mi-détestable lui lacérer le ventre pour l'empêcher de respirer et se frayer un chemin entre ses lèvres. Elle le pressait toujours plus en elle alors que son rythme cardiaque augmentait à en devenir ostentatoire, bruit de grosse caisse moldue entraîné par l'accélération d'une mélodie fiévreuse. « Tu ne me lâches pas, hein ? » Le regard un instant suppliant, elle le scruta à toute vitesse alors que ses deux  bras enveloppaient son cou. Les yeux enfin clos, elle tenta vaillamment de retrouver ses lèvres, happant un instant l'air désertique qui semblait les entourer pour finalement s'échouer sur ses muqueuses humides. Et puis, elle s'accrocha à elles, inspira éternellement pour s'élever vers un ciel sans lune et sans étoile, fermement maintenue par les mains de Zawodzkai. Elle devenait enfin Icare aux ailes solides qui défiait sans crainte les rayons du soleil. Qu'on ose à présent lui dire qu'elle ne savait pas se battre, sans armes et sans armures, elle était invincible, immortelle ! Loin de se calmer, les lèvres toujours entrouvertes, ses yeux s'ouvrirent pour s'installer dans les siens. Lui aussi était immortel, figé dans le plaisir, les membres toujours tendus alors qu'elle sentait les siens trembler d'être délivrés. Elle expira enfin lentement contre ses muqueuses, le souffle encore saccadé, et le regarda intensément comme si elle le voyait pour la première fois, chevalier magnifique, héros majestueux, avant de s'engager dans un baiser passionné, carnassier et effroyablement nécessaire. A ce moment précis, elle ne s'imaginait pas vivre autre chose que cela. Ça n'avait été qu'eux, dans un bonheur ponctuel et immense, qui pourraient bien s'accommoder, après cela, d'une vie misérable et inutile. Elle tarda à se détacher de ses lèvres, les rattrapant immanquablement après quelques effluves de sagesse. Qu'arriverait-il si elle arrêtait ? Ou seraient-ils ? Qu'admettraient-ils et que renieraient-ils ? Qu'il ne la lâche pas, pas maintenant. Pas maintenant. Pas maintenant...

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[Sodemy] No one knows what it's like you and me
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