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 Equinoxe

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P. Soren Plumereau

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Messages : 9
Date d'inscription : 23/02/2016

MessageSujet: Equinoxe    Ven 30 Déc - 19:16

[Topic commun] L'équinoxe de printemps
Full to brimming madness a shaded blot of tin flumes for eyes and the fire to fertilize croaked behind the wind. In all paintings hung bereft of blemishes to sting, fibrin inks touching canvas evoke the rumbling stream; the renascence of Spring.
Boursouflet logé sous la boutonnière gauche en lieu et place de la pochette de complet à la Cary Grant, son propriétaire espérait éviter toute efflorescence sur sa veste par la présence parasite pistache. A l'entrée, l'indécision pouvant s'apparenter à une importance qu'il ne désirait donner; le poing s'était refermé aveugle comme Eros sur du purpuracé. Le Parisien ne s'embarrassait guère de choisir une couleur pour s'en débarrasser ensuite; estimant qu'il n'y avait rien de plus grotesque qu'une fleur offerte. Elle était l'estafette transmettant les déclarations douteuses, le cadeau de convalescence chantonnant : "essaie de ne pas crever avant la rosace" et le présent de ceux qui avaient un intérêt à se faire pardonner rubis sur l'ongle plutôt que dans un écrin de bijoutier. Plus gros le bouquet, plus belle la bourde. Les sentiments conférés à ces corolles supplantaient le seul message réaliste à recevoir de l'envoyeur mais ne bavant d'encre sur aucune carte mal attachée à l'aide de l'un de ces rubans roulés au ciseau, celui que personne ne souhaitait lire, la petite graine de la gangrène : "Tiens, une chose en train de dépérir ! Magnifique n'est-ce pas ? Tu ne peux à présent pas douter de mon ressenti pour toi puisqu'il est contenu dans cette rose !" Et à l'autre de rosir, les pétales aux joues, aussi pressée qu'un pistil écrabouillé entre deux chapitres d'un ouvrage sur l'éclabouille de valoriser cette preuve pathétique dans un vase ressorti d'une vieille commode couineuse dénichée aux puces afin de lui trouver une place près de la fenêtre, là où elle croulerait, tige déjà tombante, sous les regards cherchant à faire durer ce qui avait été coupé, sectionné au sécateur dès le départ. La tête ou le cœur se détachant du reste selon la (dé)raison, doucement ou tout d'une fois, éparpillé sur le rebord. Sans repousse possible. Vivre d'amour et d'eau fraîche qu'ils disaient, ignorant que celle-ci finissait toujours par ne pas être changée. Un jour sans trop savoir pourquoi, par oubli, par lassitude, parce que ce qu'elle contenait pourrissait, avait cessé d'être admiré, perdu de son éclat, grouillait de pucerons passés inaperçus au début, pour prendre la couleur d'un récipient à tremper le pinceau, diluant ce qu'il restait de sève dans son propre épanchement. Il ne demeurait qu'une tige dépouillée, trop molle. A jeter. Au plus vite. Ce qu'il projetait et se hâterait de faire, la paume recouvrant jusqu'au pédoncule du végétal, se fichant de savoir qu'il convenait de tenir ces trucs par l'autre bout, tant qu'il parvenait à celui de la foule fourmillante. Oh, il aurait pu autant que voulu lui couper le cou, rompre le rouge comme d'autres les relations d'un jeu de cartes de Lewis Carroll. Noyer le nacarat en faisant tremper le bâtonnet vert dans un bordeaux faisait figure de seconde option. Sûrement plus originale. Mais, si la fête remarquerait, tout comme chaque année, des rois et reines de cœur(s) ou de pique(s), des sept et des six à repeindre les boutons, cela aurait été endosser le costume du fou que de se donner en spectacle de saccage de l'une des stipulations de la soirée : exhiber honteusement l'églantine à l'élue ou, comment provoquer l'envie de perdre jusqu'à son propre patronyme : « Soren ! », son prénom s'était dissolu parmi le désordre, mais pas sa disparition, passée presque inaperçue. « Soren ! T’es si pressé que tu fais même pas attention. Tu m’as bousculée et j’ai failli tacher ma robe… Qu’est-ce que tu fais ? », que la printanière l'arracha à son action telle une mauvaise herbe, à juste titre puisqu'elle n'extirpa aucune excuse. Accueillant l'arrivante, reconnaissant Acanthe, Gui le gazon gazouilla guilleret alors que le pensionnaire de Vendémiaire fit volte-face, doigts dissimulés derrière le dos. D'un timbre égal il entonna la même rengaine: « Rien... », explication d'enfant pris sur le fait ou une constatation consternante : il n'avait rien à faire là, surtout pas les mains mussées de son minois à lui cacher la rose n'ayant pu être balancée vite fait bien fait dans un recoin reculé à l'instar d'un petit four infect ingurgité par obligation qu'il fallait postillonner dans le pot d'une plante d'intérieur à la première possibilité. Rajoute un genou à terre, ce sera encore plus romantique, ricanait rogue cette petite voix intérieure assemblant l'exquisément embarrassante composition florale puant la poésie en fleuriste experte pour le client : à deux, à l'écart des convives de l'équinoxe, une fleur de feu fugitive entre les phalanges masculines, ne restait que la révélation, non ? Rien n'était moins sûr.
©Pando
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